Décembre 2025
Pour un même individu, les comportements alimentaires évoluent tout au long de la vie. Une étude examine l’impact de ces trajectoires alimentaires sur la santé et l’environnement, dans un échantillon de plus de 17 000 adultes issus de la cohorte française NutriNet-Santé, suivis sur une durée de 8 ans. Concrètement, les consommations alimentaires des participants ont été évaluées à trois reprises, en 2014, 2018 et 2022, au moyen d’un questionnaire de fréquence alimentaire, de même que leurs impacts sur la qualité nutritionnelle de l’alimentation, les émissions de gaz à effet de serre et la santé.
Six types de trajectoires alimentaires
Les auteurs identifient six profils distincts, caractérisés par des diètes initiales différentes, mais aussi des évolutions variées :
- Un premier profil (n°1) est considéré comme le profil de « référence », avec une trajectoire et des apports proches de la moyenne de la population ; il représente 35 % de l’échantillon ;
- Deux profils sont préférentiellement masculins, l’un (n°2 ; 6 %) étant caractérisé par une consommation élevée de viande et d’alcool, l’autre (n°3 ; 19 %) par la consommation la plus élevée de viande, transformée ou pas ;
- Deux autres profils affichent une alimentation à dominante végétale en début de période : toutefois l’un (n°4 ; 17 %), principalement féminin, maintient une consommation élevée de d’aliments végétaux, de poisson et de produits laitiers au cours du temps, alors que l’autre (n°5 ; 9 %) se caractérise par une augmentation de la consommation de viande de ruminants et d’alcool, ainsi que par une diminution de celle de céréales complètes ;
- Le dernier profil (n°6 ; 15 %) est composé majoritairement de personnes présentant des revenus bas ; il est caractérisé par une consommation initiale élevée d’aliments gras, salés et sucrés et par l’évolution la plus marquée en direction d’aliments issus de végétaux.
Impacts environnementaux, nutritionnels
Les résultats montrent que ces six profils alimentaires, bien que variés, sont tous associés à des améliorations au cours du temps :
- de l’impact de l’alimentation sur l’environnement, avec des baisses d’émissions de gaz à effet de serre allant de 5 à 14 % selon les profils ;
- de la qualité nutritionnelle globale, avec des augmentations du score PNNS-GS2 (un score mesurant l’adhésion aux recommandations alimentaires françaises) allant de 12 à 174 %.
Impacts sur la santé
Les impacts sur la santé de ces différentes trajectoires alimentaires ont été évalués grâce à l’indicateur DALY (Disability-Adjusted Life Years) qui permet d’estimer le nombre d’années de vie en bonne santé gagnées ou perdues en lien avec la qualité du régime alimentaire. Les résultats mettent en évidence une diminution des risques pour la santé (i.e. augmentation des DALYs) dans 4 groupes sur 6, en particulier grâce à la baisse de la consommation de viande rouge et à la hausse de celle de céréales complètes et de fruits. Seuls les profils n°3 (le plus riche en viandes) et n°4 (riche en aliments végétaux et en poisson) affichent des hausses de risque (diminution des DALYs), principalement liées à des augmentations de la consommation de viande transformée. A noter que, même si ce profil n°4 voit son indicateur DALY diminuer au cours du temps, il conserve un score nettement supérieur à la plupart des autres profils, en raison de sa forte orientation initiale en direction des aliments végétaux, du poisson et des produits laitiers.
Pour conclure, cette étude met en lumière la pertinence de proposer des recommandations et stratégies adaptées aux différents profils dans l’objectif d’améliorer les impacts de l’alimentation, tant sur la santé humaine que sur celle de la planète.