Octobre 2025
Fruits et légumes, viande rouge… les niveaux de consommation de certains groupes alimentaires varient selon le niveau socio-économique. Si ces différences sont bien connues, comment se traduisent-elles en termes d’impact environnemental ? Pour répondre à cette question, des chercheurs français ont calculé 14 types d’impacts environnementaux [1] (ainsi qu’un indicateur composite global [2]) liés aux consommations des Français, à partir des données de la dernière enquête nationale INCA 3. Ils ont ensuite comparé ces indicateurs selon le niveau de vie des individus, en prenant en compte leur niveau de revenu mais aussi leur niveau de sécurité/d’insécurité alimentaire (qui rend compte d’autres dimensions et permet de mieux décrire les différences d’alimentation entre foyers).
Résultat ? L’impact environnemental du régime ne diffère pas selon le niveau de vie, sauf pour deux indicateurs : l’utilisation d’eau et l’eutrophisation [3] de l’eau douce. Les régimes alimentaires des individus présentant les plus hauts revenus s’avèrent les plus impactants en la matière, du fait de consommations plus élevées de fruits et légumes (impactant notamment l’utilisation d’eau) et de certains poissons comme le saumon (impactant notamment l’eutrophisation). Ces résultats battent en brèche certaines idées reçues : en particulier, malgré une consommation de viande rouge plus élevée chez les moins aisés [4], les émissions de gaz à effet de serre liées au régime global ne diffèrent pas selon le niveau de vie, du fait de compensations par d’autres consommations (plus faible consommation de fruits et légumes, plus forte consommation de féculents). Pour les chercheurs, il est donc essentiel de considérer la façon globale dont les gens mangent – et non pas l’impact isolé de tel aliment ou groupe d’aliments – pour l’élaboration des politiques visant à encourager une alimentation plus durable.
[1] Changement climatique, appauvrissement de la couche d'ozone, acidification, formation d'ozone photochimique, émissions de particules fines, eutrophisation de l'eau douce, eutrophisation marine, eutrophisation terrestre, utilisation d'énergie, utilisation d'eau, utilisation des ressources minérales, utilisation des sols, rayonnements ionisants et toxicité de l'eau douce.
[2] Le score EF3 d’empreinte environnementale recommandé par la Commissions européenne.
[3] Déséquilibre du milieu provoqué par l'augmentation de la concentration d'azote et de phosphore dans le milieu.
[4] Voir notre précédente brève sur
l’évolution des comportements des Français en matière d’alimentation durable.
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