Juillet 2026
Début 2026, l’étude NutriNet-Santé avait déjà révélé des risques de diabète de type 2 et de cancers associés à la consommation de (certains) conservateurs, ces additifs ajoutés pour prolonger la durée de vie de milliers de produits du marché (voir notre précédent article à ce sujet). Dans une nouvelle analyse, les chercheurs montrent cette fois des risques accrus d’hypertension (principalement) et de maladies cardiovasculaires (dans une moindre mesure) associés à certains conservateurs ou familles de conservateurs – essentiellement parmi ceux déjà pointés dans les études précédentes (sorbate de potassium, métabisulfite de potassium, nitrite de sodium, acide citrique, érythorbate de sodium, ascorbate de sodium, extraits de romarin…).
À noter, certaines de ces substances comme l’acide citrique, les extraits de romarin, ou l’acide ascorbique (vitamine C, nouvellement pointé ici) se trouvent également naturellement présents dans les aliments. Bien que ces additifs présentent des structures chimiques identiques à leurs formes « naturelles », leurs effets pourraient différer en fonction de facteurs tels que la matrice alimentaire, la dose, et les interactions avec d’autres composés alimentaires.
Des données à considérer pour réévaluer la sécurité d’emploi
Par ailleurs, les analyses menées par les chercheurs suggèrent l’existence de différents types de relations dose–réponse selon les conservateurs considérés, incluant des relations linéaires, des relations avec effet de plateau et des relations en U inversé, qui pourraient refléter des réponses biologiques variées (saturation de récepteurs ? déclenchement de systèmes de détoxification au-delà d’une certaine dose ? … ) qui restent à étayer. Car à ce stade, les relations décrites sont de nature observationnelle et devront être éprouvées dans d’autres études (l’étude NutriNet-Santé étant la première étude épidémiologique ayant disposé de données de consommation assez précises pour estimer l’exposition aux conservateurs alimentaires et ses liens avec la survenue de maladies).
Quoi qu’il en soit, les chercheurs estiment que ces données, qui s’ajoutent à celles de leurs précédentes publications sur les conservateurs mais aussi d’autres types d’additifs (ex. colorants, voir notre article à ce sujet) devront être prises en compte pour la réévaluation de la sécurité d’emploi de ces substances. Dans l’attente, et en accord avec les recommandations actuelles de santé publique, les chercheurs invitent à privilégier les produits frais, peu transformés.