Novembre 2025
Un tiers de la population mondiale ne serait pas suffisamment active, n’atteignant pas les recommandations de 150 minutes hebdomadaires d'activité physique d'intensité modérée – ou 75 minutes d'activité physique intense (ou un mix des deux). Pour étayer l’intérêt de l’activité physique, une nouvelle méta-analyse a synthétisé les études rendant compte de la relation dose-réponse entre le nombre de pas quotidiens et la mortalité toutes causes confondues et cardiovasculaire (deux paramètres déjà analysés par 13 précédentes méta-analyses) mais aussi sur le cancer, le diabète de type 2, les performances cognitives, la santé mentale, la fonction physique et les chutes (paramètres non retenus par les précédentes méta-analyses).
Marcher, c’est effectivement bon pour la santé
57 études (dont 21 aux États-Unis, 12 au Royaume-Uni et 8 au Japon) portant sur 35 cohortes ont été incluses dans la revue systématique, et 31 études sur 24 cohortes dans la méta-analyse. Les résultats ? Une relation inverse systématique (plus les pas augmentent, plus le bénéfice santé augmente), parfois linéaire (pour la mortalité cardiovasculaire, l’incidence du cancer, la mortalité par cancer, l’incidence du diabète de type 2 et les symptômes dépressifs) ; parfois non-linéaire, la pente évoluant vers 5000-7000 pas par jour (pour la mortalité toutes causes confondues, l’incidence des maladies cardiovasculaires, la démence et les chutes) (voir Figure).
Figure 1 : Associations entre le nombre de pas quotidiens et les résultats pour la santé
7000 pas/j : jusqu’à - 47 % de risque
Sur la base de la méta-analyse, 7 000 pas quotidiens (vs 2 000 pas) seraient associés à :
1. un risque de mortalité toutes causes confondues réduit de 47 % avec un ralentissement des bénéfices à 5 391 pas/j (niveau de preuve modéré),
2. un risque de mortalité par maladie cardiovasculaire réduit de 25 % avec un ralentissement des bénéfices à 7 802 pas/j (niveau de preuve faible) ;
3. un risque de mortalité par cancer réduit de 37 %, avec un ralentissement des bénéfices à 4 794 pas/j (niveau de preuve modéré) ;
4. un risque de diabète de type 2 réduit de 14 %, avec un niveau de preuve modéré ; ;
5. un risque de démence réduit de 38 % avec un ralentissement des bénéfices à 8829 pas/j (niveau de preuve modéré) ;
6. un risque de dépression réduit de 22 % (niveau de preuve modéré) ;
7. et un risque de chute réduit de 28 % chez les personnes âgées (niveau de preuve très faible). Néanmoins, une hausse du risque est observée au-delà de 6000 ou 8846 pas quotidiens selon les études prises en compte.
Pour la fonction physique, cinq études ont été incluses dans la revue systématique mais la méta-analyse n'a pas pu être réalisée faute de disposer de données suffisamment comparables.
Fixer un objectif de 7000 pas quotidiens au lieu de 10 000 ?
Les auteurs tirent trois enseignements de ces données :
- même un nombre modeste de pas quotidiens apporte des bénéfices santé -autrement dit, comme précédemment rapporté dans nos brèves, chaque pas compte ! ;
- 7 000 pas/j sont associés à des réductions de risque importantes pour la plupart des paramètres de santé, comparativement à 2 000 pas quotidiens ;
- même si le risque continue à diminuer au-delà de 7 000 pas / jour, il réaugmente au-delà pour certains résultats comme la chute
Bien que 10 000 pas quotidiens puissent être un objectif atteignable pour les plus actifs, 7 000 pas par jour sont associés à des améliorations cliniquement significatives et pourraient être une cible plus réaliste et réalisable pour certains.