Juin 2026Explorer la façon dont les jeunes adultes interagissent avec les contenus nutritionnels des réseaux sociaux : tel était l’objectif de cette étude qualitative menée au Royaume-Uni, ayant interrogé 25 jeunes utilisateurs des plateformes telles que Instagram ou TikTok (22 ans en moyenne, dont 72 % de femmes).
Au-delà des effets ambivalents déjà connus des plateformes, pouvant favoriser des comportements bénéfiques (nouvelles compétences acquises comme des techniques de cuisine, inspirations pour des repas plus équilibrés..), tout en exposant les utilisateurs à des contenus potentiellement nocifs (alimentation restrictive, obsession du poids… voir notre précédente brève sur le sujet), les résultats laissent entrevoir un engagement nuancé et évolutif des réseaux sociaux, loin des stéréotypes.
Après un usage initial caractérisé par un scrolling passif, avec des intérêts centrés sur l’apparence dans la fin de l’adolescence, les jeunes adultes se tourneraient ensuite vers un usage plus proactif et contrôlé, à la recherche d’informations pour tendre vers une alimentations saine. Un certain enfermement est toutefois parfois ressenti vis-à-vis des propositions de contenus par les algorithmes. Face à la qualité hautement variable des contenus nutritionnels et aux informations contradictoires auxquelles ils sont exposés, les utilisateurs développeraient même au fil de leurs expériences des stratégies pour vérifier l’exactitude des contenus qu’ils visionnent : recoupement d’informations, vérification du profil de l’influenceur/du créateur, lecture des commentaires laissés par d’autres utilisateurs… Soit une forme de littératie, ou capacité à évaluer les informations nutritionnelles rencontrées en ligne.
Les chercheurs tirent plusieurs conséquences de leurs résultats pour guider les interventions numériques utilisant les réseaux sociaux comme outil de promotion d’une alimentation saine :
- Celles-ci devraient cibler non seulement les connaissances et compétences individuelles, mais aussi les influences sociales (autres utilisateurs, influenceurs…) et l’environnement numérique (afin qu’il gagne en crédibilité/lisibilité, soit soutenant émotionnellement plutôt que culpabilisant/anxiogène…).
- Des formats courts, dont la crédibilité est rapidement vérifiable, offrant un cadre émotionnel sûr (non jugeant…) aux utilisateurs sont recommandés.
- Enfin, plus que la production de nouveaux contenus ajoutant de l’information nutritionnelle dans un environnement déjà saturé, des contenus formant les utilisateurs au repérage des informations fiables pourraient se révéler particulièrement utiles.