Novembre 2025
Préjugés négatifs, discriminations… la stigmatisation liée au poids est associée à davantage de troubles alimentaires comme le binge eating (voir notre précédente brève à ce sujet). Se pourrait-il que cette association soit le fruit d’une intéroception altérée, c’est-à-dire d’une détérioration de la capacité à percevoir ses sensations internes telles que la faim et la satiété – des stress psychologiques et physiques répétés amenant les victimes de stigmatisation à questionner ou invalider leurs signaux internes ? Telle était l’hypothèse que des chercheurs américains ont testé auprès de 135 étudiants universitaires (73 % de femmes) sujets à des épisodes de binge eating [1] dans un essai randomisé contrôlé.
Les résultats n’ont pas confirmé qu’une intéroception altérée joue un rôle de médiateur entre la stigmatisation liée au poids et le binge eating. L’exposition à une stigmatisation liée au poids, dans le cadre de l’expérience [2], n’a pas non plus eu d’effet sur les intentions immédiates de binge eating ou de restriction alimentaire. En revanche, les participants moins connectés à leurs sensations (intéroception plus faible) et moins confiants en leurs signaux corporels rapportaient des intentions plus fortes de binge eating ou de restriction.
Les chercheurs invitent ainsi à évaluer l’intéroception chez les patients atteints de troubles alimentaires, et à considérer pour ces patients des interventions basées sur l’alimentation intuitive ou l’alimentation en pleine conscience pour les aider à se reconnecter à leurs sensations corporelles.
[1] Consommations de grandes quantités d’aliments avec sentiment de perte de contrôle
[2] Interaction avec une personne exprimant (prétendument) des préjugés négatifs vis-à-vis des personnes en surpoids)