Décembre 2025Une intervention de santé multidimensionnelle, fondée sur une prise en charge nutritionnelle globale associée à des mesures d’hygiène et de soutien psychosocial au cours de la période périnatale, permet d’améliorer la composition du microbiote intestinal chez des nourrissons de 6 mois : telle est la conclusion d’un essai randomisé contrôlé mené en Inde auprès de 392 dyades mère-enfant entre la période pré-conceptuelle et les 2 ans de l’enfant.
Traitement de l’anémie, supplémentation en micronutriments, conseils nutritionnels et soutien à l’allaitement faisaient partie des principales mesures nutritionnelles mises en œuvre. Plusieurs genres et espèces bactériens tels que Megasphaera, Prevotella et Bifidobacterium breve se trouvaient augmentés dans le microbiote fécal des nourrissons (analysé dans les selles à 6 mois) du groupe d’intervention par rapport aux nourrissons du groupe témoin (bénéficiant des soins de routine). Ces bactéries permettent une meilleure digestion des oligosaccharides du lait maternel et des fibres et produisent des acides gras à chaîne courte et moyenne – des composés impliqués dans l’intégrité et le bon fonctionnement de la barrière intestinale au niveau local et présentant une activité anti-inflammatoire au niveau systémique.
Compte tenu du rôle déterminant du microbiote précoce pour le développement et la santé de l’enfant, y compris à long terme, ces résultats plaident en faveur de programmes de santé intégrés permettant de créer un environnement propice à l'établissement d’un microbiote intestinal optimal dès le plus jeune âge.