Octobre 2026
Les agonistes du récepteur du GLP-1 que sont le liraglutide, le sémaglutide, et le tirzépatide [1] actuellement autorisés pour le traitement de l’obésité, ont démontré leur efficacité sur la perte de poids dans les essais cliniques. Mais que sait-on de l’action de ces médicaments lorsqu’ils sont utilisés en vie réelle, en dehors des protocoles d’études hautement contrôlés où les patients sont soigneusement sélectionnés et suivis ?
Une observance limitée en vie réelle
Pour répondre à cette question, des chercheurs danois ont réuni dans une revue les données issues d’études d’observation de patients souffrant d’obésité ou de diabète de type 2 ayant eu recours à ce type de traitement. Leurs conclusions ? Les pertes de poids observées en vie réelle s’avèrent généralement plus basses que celles observées dans les essais cliniques, avec une variabilité interindividuelle élevée. L’efficacité la plus importante est observée chez les patients les plus observants, adhérant strictement au traitement prescrit. Or dans les faits, cela semble concerner une minorité de patients : dans une étude danoise portant sur plus de 100 000 patients ayant initié un traitement par sémaglutide, seulement 10 % augmentaient la posologie toutes les 4 semaines comme recommandé et seulement 12 % atteignaient à terme la dose cible. En outre, d’après les différentes études disponibles, 50 à 70 % des patients ont arrêté leur traitement au bout de un an.
Le coût conséquent du traitement et les effets indésirables notamment digestifs (nausées, diarrhées, constipation…) font partie des facteurs susceptibles d’expliquer les arrêts de traitement. L’identification de tels facteurs associés à l’adhésion / la réponse au traitement fait partie des nombreux points restant à documenter par les travaux de recherche des prochaines années.
De même que les effets indésirables possibles, les effets occasionnés par l’arrêt du traitement et les effets cliniques « collatéraux » potentiels de la perte de poids sur la santé cardiométabolique ainsi que sur d’autres maladies associées à l’obésité (cancers, infections, troubles musculo-squelettiques, maladies neuropsychiatriques…).
[1] agoniste dual des récepteurs du GLP-1 et du GIP
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