Le Far breton

À l’assaut des embruns et des papilles

Le Far breton | Cultures Sucre

Mai 2026

Ce dessert à la fois moelleux et fruité était, dans sa première version sucrée, une ration que les marins emportaient au large pour y puiser de l’énergie, un instant de plaisir, une pensée pour leur foyer... Est-ce pour cela qu’il fait aussi et encore rêver ceux qui restent à terre ?

D’où vient le Far breton ?

Dans les temps anciens, le Far n’était pas encore le dessert gourmand que l’on connaît aujourd’hui mais plutôt une roborative bouillie salée à base de céréales. Le mot lui-même vient du latin far, qui veut dire blé ou gruau. À l’époque, on le cuisinait dans les campagnes bretonnes avec de la farine de sarrasin – celle des fameuses galettes – et on l’accompagnait de viandes ou de poissons. Avec le 19e siècle, le sucre et la farine de froment entrent en scène. La recette devient une pâtisserie ferme et compacte que les marins emportaient à bord. Puis on y a ajouté du lait, des œufs et une petite noix de beurre qui transforment la recette rustique en un délicieux flan sucré fondant sous les papilles.

Quel est son secret ?

C’est le fameux « coup de chaud » du Far breton ! Certaines cuisinières commencent la cuisson par un véritable choc thermique à 220°C, pendant dix minutes, afin de bien saisir la pâte et lui offrir une belle croûte dorée. Ensuite, on baisse la température à 160-170°C pour que la préparation continue à cuire lentement tout en conservant un taux d’humidité qui lui donnera un cœur tendre et moelleux.

Le saviez-vous ?

Le Far est à l’origine un flan nature auquel les échanges commerciaux ont permis d’incorporer progressivement des fruits secs aux qualités nourrissantes et de conservation. Les pruneaux sont apparus tardivement : ils ont alors apporté une touche moelleuse et fruitée qui est devenue emblématique de cette spécialité sucrée. On dit que dans le sujet fait débat entre les partisans du Far aux pruneaux et les puristes qui y voient une hérésie. A défaut de trancher la question, les gourmands préfèrent trancher des parts à déguster entre convives. Avec ou sans pruneaux.

Peut-on le faire à la maison ?

Rien de plus simple. Des œufs, du lait, du sucre en poudre, de la farine, une touche de rhum et de vanille, des pruneaux : on mélange, on verse, on enfourne et on laisse la magie opérer. Et même pas besoin d’être Breton.

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