Octobre 2026
À l’heure où le prix des carburants traditionnels atteint des sommets inédits, le Superéthanol-E85 se trouve plus que jamais sous le feu des projecteurs. Le Mondial de l’Auto 2026 offre l’occasion de célébrer son vingtième anniversaire et de rappeler le rôle du bioéthanol dans la stratégie énergétique de la France.
Le carburant du pouvoir d’achat
Le Superéthanol-E85 est une vraie success-story à la française. Une aventure riche d’enseignements à laquelle l’actualité automobile de l’automne 2026 donne un relief particulier. En effet, vingt ans après son lancement en France, le 9 octobre 2006, l’E85 s’est installé dans le paysage automobile avec deux arguments imparables : « plus vert et moins cher ». Promesses tenues :
- Grâce au bioéthanol [1] qu’il contient, l’E85 réduit d’environ 50 % les émissions de CO2 et jusqu’à 90 % les émissions de particules fines par rapport à l’essence fossile.
- Grâce à son prix compétitif, le Superéthanol-E85 est devenu le carburant du pouvoir d’achat. De fait, avec un prix à la pompe de 0,87 €/l en moyenne (septembre 2026), l’E85 affiche plus d’un euro de différence avec le SP95-E10.
L’avantage prix se traduit par des économies significatives, comme le montre cet exemple. Sur les cinq dernières années, l’économie moyenne annuelle réalisée par un automobiliste parcourant 13 000 km/an à l’E85 s’élève à 705 €, soit une réduction d’environ 40 % de son budget carburant par rapport au SP95-E10 [2]. « Cet écart se creuse lors des épisodes de crise qui impactent le prix des carburants traditionnels, note Sylvain Demoures, secrétaire général de Bioéthanol France. L’économie peut alors monter jusqu’à plus de 800 euros au regard des prix records atteints actuellement par le SP95-E10. »
Pourquoi le prix du Superéthanol-E85 reste stable ?
Le Superéthanol-E85 est composé jusqu’à 85 % de bioéthanol*, le complément étant de l’essence sans plomb. Sa part minoritaire d’essence le rend donc moins sensible aux variations du marché pétrolier. De plus, il réduit la dépendance de la France aux produits pétroliers importés. En effet : la production française de bioéthanol, issue de betteraves sucrières et de céréales cultivées en France, représente près des deux tiers du bioéthanol consommé dans les essences en France. Le bioéthanol est donc une source d’énergie d’origine renouvelable et locale. Il contribue à notre souveraineté énergétique et sa production est moins exposée aux tensions internationales.
* 60 % à 85 % de bioéthanol. En hiver la proportion d’essence est un peu plus élevée afin de faciliter les démarrages à froid.
Une solution de mobilité disponible et accessible
C’est peu dire que le Superéthanol-E85 a le vent en poupe ! Il est aujourd’hui utilisé par plus de 400 000 automobilistes. Les deux tiers d’entre eux roulent avec une voiture équipée d’un boitier de conversion au E85 homologué, un tiers avec un véhicule flex-E85 d’origine. La nouvelle crise a stimulé l’intérêt des consommateurs pour les deux solutions. Les ventes du modèle hybride flex-E85 proposé sur le marché français restent à un niveau élevé et les garagistes installateurs de boitiers de conversion reçoivent trois à cinq plus d’appels.
Sur le terrain, tout est en place pour répondre à la demande. Côté distribution, l’E85 est disponible dans plus de 4 100 stations-service, soit plus de 42 % du réseau, qui plus est avec une bonne répartition sur le territoire. 93 % des Français habitent ainsi à moins de 10 km d’une station E85. Les installateurs de boitiers flex-E85 homologués sont également présents sur tout le territoire, chez des garagistes indépendants comme dans de grandes enseignes. Afin de rendre cette solution encore plus accessible, la région Sud (PACA) a mis en place, jusqu’à fin octobre 2026, un chèque « Transition bioéthanol » de 250 euros destinée aux foyers fiscaux non imposables.
Un marché de la mobilité boosté par le bioéthanol
Au-delà des facteurs conjoncturels, le succès de l’E85 s’inscrit dans une dynamique beaucoup plus large, portée par le bioéthanol. Ce dernier est aujourd’hui présent, en proportions variables, dans toutes les essences [3]. Tout particulièrement dans le SP95-E10 qui est devenu l’essence de référence en France avec plus de 60 % de parts de ce marché. De plus, le SP95-E10 est porté par l’inversion de la tendance entre les motorisations diesel et l’essence dont les courbes se sont croisées au milieu des années 2010. Depuis, le déclin du diesel pour les véhicules légers semble inexorable. En témoigne le nombre des immatriculations de voitures neuves où le diesel est passé récemment sous la barre des 3 % alors que les motorisations essence et hybrides-essence représentent 62 % du total. (Schéma ci-dessous)
Le contexte actuel agit comme un révélateur des mouvements profonds qui sont en marche depuis plusieurs années. Comme l’explique Sylvain Demoures, « avec la flambée des prix, les gens roulent moins, ce qui affecte la consommation de carburants mais avec des impacts contrastés. Cela a accéléré la décroissance du diesel, freiné la croissance des essences et ralenti la progression du SP95-E10 qui bénéficie néanmoins de la dynamique légèrement positive des essences (+1 % actuellement vs un rythme de +5 % hors crise, ndlr). La consommation de Superéthanol-E85, quant à elle, enregistre depuis mars 2026 un rebond de +10 % par rapport à la même période de 2025. »
Autant de constats qui confirment l’importance prise par le bioéthanol dans notre bouquet énergétique ainsi que le rôle stratégique de la filière française de production d’alcool agricole, n°1 européen. En effet, dans le cadre de la politique française de développement des biocarburants initiée en 2004 [4] et anticipant la montée en puissance des objectifs européens d’énergies renouvelables finalisés en 2009, les acteurs de cette industrie ont engagé, en 2006, d’importants investissements visant à augmenter de 13 millions d’hectolitres la capacité de production. Il fallait alors accompagner cette croissance par celle de la demande avec la mise sur le marché d’un carburant à forte teneur en bioéthanol : le Superéthanol-E85. Un pari d’autant plus gagné que le Superéthanol-E85 permet désormais d’ouvrir une voie d’avenir à l’horizon 2035 : l’E85+ où la part d’essence fossile est remplacée par des composés également d’origine renouvelables. Cette nouvelle génération de carburant 100 % renouvelable pourra jouer son rôle dans la transition énergétique à travers les solutions hybrides électrique-essence plébiscitées par les automobilistes. Avec un horizon à long terme favorable à la production française...
Rendez-vous au Mondial de l’Auto
Présent au Mondial de l’Auto 2026 (12-18 octobre, Paris Expo), le bioéthanol a tout pour être un pôle d’attraction de cette édition. Les experts de la Collective du bioéthanol et des fabricants de boîtiers flex-E85 homologués sont prêts à répondre aux demandes d’information qui s’annoncent nombreuses. Côté animations, l’accent est mis sur les 20 ans du Superéthanol-E85 et sur l’opération « Sur la route du Superéthanol-E85 » dont le Mondial constitue l’étape francilienne. Un conseil pour prendre la visite dans le bon sens : commencer par le stand du bioéthanol situé tout au bout du Hall 7.
[1] Alcool obtenu par fermentations des sucres de betteraves ou de céréales.
[2] Sur la base d’une consommation de 7 l/100 km et en tenant compte d’une surconsommation de 25 %.
[3] Jusqu’à 5 % dans les essences standard (SP95, SP98), jusqu’à 10 % dans le SP95-E10 (la lettre « E » désigne l’éthanol) et jusqu’à 85 % dans le Superéthanol-E85.
[4] Plans « biocarburants » de 2004 et 2005.