Décembre 2025
La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est reconnue comme le traitement de première intention pour les troubles du comportement alimentaire (TCA). Toutefois, les protocoles classiques nécessitent souvent 20 à 45 séances individuelles, engendrant des coûts élevés et des délais d’attente importants. Alors qu’une version brève (TCC-b) en 10 séances a déjà montré son efficacité en approche individuelle, une étude récente a évalué la faisabilité et l’efficacité préliminaire d’une TCC-b en groupe chez des adultes souffrant de TCA sans sous-poids (IMC ≥ 18,5).
Une approche centrée sur les mécanismes communs des TCA
La TCC-b cible les mécanismes communs aux TCA non liés au sous-poids, regroupés sous le terme de « psychopathologie » : des préoccupations liées à l’alimentation, au poids et à la silhouette, et des comportements alimentaires problématiques (restrictions, compulsions, compensation, alimentation émotionnelle, etc.).
La TCC-b vise à aider les patients à identifier et modifier ces schémas de pensées et comportements. Les techniques utilisées incluent notamment la psychoéducation (ex. différence entre faim physiologique et alimentation émotionnelle), un travail sur la régularité des repas, et des expérimentations comportementales (ex. réintroduction d’aliments évités).
Des résultats encourageants et des implications organisationnelles fortes
Dans cette étude non randomisée, 59 adultes britanniques (âge moyen : 34,6 ans), majoritairement des femmes blanches, souffrant de troubles alimentaires (hyperphagie boulimique 61 %, boulimie 8.5 % ou autres), étaient invités à participer à 10 séances de 90 minutes de TCC-b en groupe, en présentiel ou en ligne.
La faisabilité du programme a été confirmée par un taux de complétion comparable à la TCC-b individuelle (63 %). A l’issue des 10 séances, la psychopathologie des troubles alimentaires, la dépression, l’anxiété et la fréquence des épisodes d’hyperphagie étaient diminuées, et ces améliorations étaient maintenues après 3 mois de suivi supplémentaire. Les répondeurs précoces (améliorations dès la 4ème séance) représentaient près de 60 % des patients et présentaient une plus grande amélioration de la psychopathologie alimentaire à la fin des séances.
La TCC-b en groupe semble ainsi efficace pour les TCA non liés au sous-poids, tout en étant moins coûteuse, plus accessible (grâce au format en ligne ou en présentiel), et plus rapide que les prises en charge longues ou individuelles. Ce format permettrait de réduire les délais d’attente et de mobiliser moins de ressources thérapeutiques.