Janvier 2026
Insatisfaction corporelle, régimes à répétition… certaines attitudes et pensées inadaptées à l’adolescence peuvent être les prémices d’un futur trouble clinique plus sévère du comportement alimentaire comme l’anorexie, la boulimie ou le binge eating. Des chercheurs américains se sont ainsi intéressés au rôle de certains facteurs environnementaux et psychologiques. Plus précisément, ils ont évalué chez 118 adolescents, à l’aide de divers questionnaires validés, les associations existantes entre le stress ressenti, l’alimentation émotionnelle, l’insécurité alimentaire et la présence de comportements inadaptés dans trois domaines : préoccupations vis-à-vis du poids et de la silhouette ; restrictions alimentaires ; préoccupations importantes pour la nourriture.
Parmi les multiples relations mises en évidence, le fait de manger sous le coup de certaines émotions négatives (anxiété, frustration…) et le stress ressenti ressortaient comme associés à davantage de comportements inadaptés (Figure 1). Les adolescents ressentant de l’insécurité alimentaire étaient plus concernés par l’alimentation émotionnelle en réponse à l’anxiété et la frustration, se sentaient plus stressés (Figure 2) et affichaient davantage de comportements inadaptés dans les trois domaines étudiés. A noter : ces relations n’étaient pas retrouvées quand l’insécurité alimentaire des adolescents était évaluée à partir des réponses des parents, suggérant – comme déjà observé dans des études antérieures – que l’expérience subjective des adolescents pourrait être un indicateur plus prédictif que l’appréciation de la situation du foyer par les parents.
Évaluer et cibler le stress, le sentiment de sécurité alimentaire et l’alimentation émotionnelle des adolescents pourrait faire partie des pistes à envisager pour limiter les comportements inadaptés, et ainsi le risque de TCA.
Figure 1 : Relations entre alimentation émotionnelle, stress perçu, et croyances et comportements alimentaires inadaptés/dysfonctionnels chez les adolescents
Figure 2 : Stress rapporté par les adolescents selon leur niveau de sécurité/insécurité alimentaire
Voir notre numéro spécial « Insécurité alimentaire »