Janvier 2026
Le suivi d’un régime végétalien ou végétarien est-il associé à un moindre risque de développer un diabète de type 2 (DT2) ? Une revue systématique de littérature et méta-analyse examine les résultats de 36 études d’observation réalisées entre 1999 et 2025 pour tenter de répondre à cette question.
Approche par type de régime
Certaines de ces études ont évalué le risque de DT2 parmi les personnes présentant l’adhésion la plus forte à un régime végétalien [1], ovo-lacto végétarien [2], pesco-végétarien [3] ou flexitarien [4], et l’ont comparé à ce même risque chez les personnes présentant l’adhésion la plus faible [5]. Les résultats mettent en évidence un risque de DT2 significativement diminué de 32 % parmi les participants ayant une forte adhésion à un régime ovo-lacto végétarien. Pour les autres régimes, même si l’on observe une tendance à la baisse de risque, en particulier pour le régime végétalien, les résultats ne sont pas statistiquement significatifs, potentiellement en raison d’un nombre d’études trop limité dans ces catégories.
Approche par indice
Les autres études ont eu une approche différente : plutôt que de comparer l’adhésion à un type de régime, elles ont utilisé différents indices rendant compte de la proportion d’aliments végétaux dans l’assiette, et de leur qualité :
- le Plant-based Diet Index (PDI ; 15 études) qui mesure l’adhésion globale à un régime riche en aliments d’origine végétale et pauvre en aliments d’origine animale ;
- le Healthy Plant-based Diet Index (hPDI ; 11 études) qui reflète une alimentation principalement végétale et de haute qualité nutritionnelle (par exemple : céréales complètes, fruits et légumes, légumineuses, fruits à coques, …) ;
- le Unhealthy Plant-based Diet Index (uPDI ; 7 études) qui reflète une alimentation principalement composée d’aliments végétaux moins sains (par exemple : boissons sucrées, céréales raffinées, …).
Les auteurs mettent en évidence qu’un indice PDI élevé, c’est-à-dire une alimentation principalement végétale, est associé à une diminution significative de 24 % du risque de DT2, comparativement à la population ayant les valeurs d’indices les plus basses. Un résultat similaire (- 25 % de risque) est obtenu parmi les personnes suivant une alimentation végétale de qualité élevée (score hPDI haut).
À l’inverse, il apparaît que les participants ayant les scores uPDI les plus élevés (c’est-à-dire ceux suivant une alimentation globalement végétale, mais qualitativement basse) présentent une tendance, à la limite de la significativité, à un risque de DT2 plus élevé.
Méta-analyse dose-réponse
Pour finir, une méta-analyse dose-réponse a été réalisée, elle montre :
- que le risque de développer un DT2 diminue de façon presque linéaire avec la hausse des scores Plant-based Diet Index et Healthy Plant-based Diet Index ;
- et que ce même risque augmente de façon linéaire avec la hausse du score Unhealthy Plant-based Diet Index.
En conclusion, cette méta-analyse met en lumière que le suivi d’une alimentation riche en aliments d’origine végétale et réduite en produits animaux semble associé à une baisse du risque de développer un diabète de type 2, seulement si les aliments consommés présentent majoritairement une bonne qualité nutritionnelle. Les auteurs mettent en particulier en avant la consommation bénéfique des céréales complètes, des légumes, des fruits, des légumineuses et des fruits à coques. Au contraire, si la réduction des produits animaux s’accompagne d’une hausse de la consommation de produits végétaux de moins bonne qualité nutritionnelle, le risque de DT2 se trouve, lui aussi, augmenté.
[1] Végétalien : ne consomme aucun produit animal ou issu de l’exploitation animale.
[2] Ovo-lacto végétarien : ne consomme aucun produit d’origine animale sauf les œufs et les produits laitiers.
[3] Pesco-végétarien : ne consomme aucun produit animal, mis à part le poisson et les autres produits de la mer.
[4] Les auteurs utilisent le terme « semi-végétarien » pour les personnes « qui consomment de la viande, de la volaille ou du poisson ≥1 fois par mois, mais <1 fois par semaine » (source : Jaacks et al. 2016 ; 10.1016/j.nut.2016.02.011). Aujourd’hui, on utilise plus couramment le terme « flexitarien » pour désigner une personne réduisant fortement sa consommation de viande.
[5] à l’opposé du spectre alimentaire, c’est-à-dire chez ceux n’adhérant pas ou peu à ces régimes = omnivores les plus consommateurs de produits animaux.