Juillet 2026
Les traitements pharmacologiques de l’obésité, désormais pleinement intégrés aux stratégies de prise en charge, ciblent essentiellement la voie du GLP-1, en mimant les effets satiétogènes de ce peptide. Toutefois, de nombreux patients expérimentent des effets indésirables, tandis que certains répondent peu au traitement. Parmi les autres stratégies médicamenteuses à l’étude (voir notre précédente brève à ce sujet), des chercheurs danois franchissent une étape avec la publication d’un second essai clinique testant les effets d’un peptide récemment découvert, produit par le foie et l’intestin, appelé LEAP2 [1].
Administré par perfusion à des hommes souffrant d’obésité (n=20), LEAP2 a réduit de 12 % la prise alimentaire au repas suivant, a ralenti la vidange gastrique et a diminué la glycémie postprandiale. Soit des effets comparables à ceux obtenus avec le GLP-1 en administration intra-veineuse. Aucun effet indésirable n’a été rapporté pour LEAP2 au cours de cette administration isolée. LEAP2 agirait en bloquant l’action de la ghréline au niveau de son récepteur.
Bien que de nombreuses recherches soient encore nécessaires pour préciser les effets de LEAP2 (effets à plus long terme, relation dose-réponse…) et valider son potentiel thérapeutique, ces résultats relancent l’intérêt pour le récepteur de la ghréline comme cible pharmacologique contre l'obésité et les maladies métaboliques associées. Ils laissent entrevoir une approche complémentaire à celle du GLP-1 : plutôt que de stimuler un signal anorexigène, elle neutraliserait un signal orexigène.
[1] liver-expressed antimicrobial peptide 2