Octobre 2025
Des chercheurs américains ont rassemblé dans une revue les connaissances relatives à l’insécurité alimentaire dans une population spécifique : les étudiants universitaires. Si la plus grande partie des données décrit la situation aux Etats-Unis, plusieurs tendances et enseignements pourraient s’appliquer à d’autres pays. Ainsi, les étudiants seraient une population particulièrement à risque : alors que l’insécurité alimentaire touche environ 10 % des foyers américains, elle serait 2 à 6 fois plus présente chez les étudiants universitaires. Sans surprise, les étudiants les plus touchés sont ceux venant de milieux de plus bas niveau socio-économique, ainsi que les étudiants de première génération (dont les parents n’ont pas fait d’études supérieures). En cause ? La myriade de contraintes financières qui pèsent sur les étudiants, allant des frais d’inscription au coût d’un logement à proximité du lieu d’études, laissant in fine peu de moyens à consacrer à l’alimentation, en particulier pour ceux qui ne peuvent pas compter sur l’assistance de leur famille.
Des conséquences étendues, une prise en charge insuffisante
L’insécurité alimentaire pèse sur les performances académiques : de nombreuses études rapportent des notes plus faibles chez les étudiants en situation d’insécurité alimentaire, ainsi que des taux d’abandon plus élevés et une tendance à prendre un emploi pour payer leurs frais, au détriment du cursus académique. Les préoccupations mentales associées à l’insécurité alimentaire sont souvent citées par les étudiants pour expliquer leurs moindres performances scolaires, de même que la faim et la fatigue. De façon plus large, la santé physique et mentale des étudiants en situation d’insécurité alimentaire est souvent décrite comme plus faible, et leurs consommations alimentaires de moindre qualité nutritionnelle.
Parmi les programmes d’aide, les aides financières perçues par les étudiants (bourses…) se révèlent insuffisantes pour palier l’insécurité alimentaire car elles sont prioritairement allouées à d’autres frais que les achats alimentaires (logement…). La présence de banques alimentaires/d’épiceries sociales sur les campus se développe, de même que des programmes nationaux/régionaux de distributions de bons alimentaires. Toutefois, ces solutions restent encore insuffisantes ou sous-utilisées par les étudiants, en partie du fait de la stigmatisation qu’elles peuvent induire mais aussi par manque de connaissance de leur existence et de compréhension des conditions d’éligibilité. Compte tenu de l’ampleur et des nombreuses implications de l’insécurité alimentaire pour les étudiants, l’amélioration de sa prise en charge devrait être une priorité pour les universités.
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