Endométriose : quels bénéfices potentiels
de l’alimentation?

Endométriose et alimentation | Cultures Sucre

Mars 2026

Quelle peut être la place de l’alimentation, et notamment de certains régimes, dans la prise en charge de l’endométriose et de ses symptômes ?
Une revue de littérature fait le point sur l’état des connaissances scientifiques.

Une maladie inflammatoire et œstrogéno-dépendante

L’endométriose est une maladie chronique, inflammatoire et œstrogéno-dépendante qui touche plus de 190 millions de femmes dans le monde et qui, longtemps considérée comme une pathologie exclusivement gynécologique, est aujourd’hui reconnue comme une affection systémique. Elle se manifeste principalement par des douleurs pelviennes chroniques, une infertilité chez 30 à 50 % des patientes, des troubles digestifs, urinaires et sexuels, ainsi qu’un retentissement psychologique et professionnel majeur. L’endométriose est une maladie difficile à diagnostiquer (le délai moyen avant diagnostic est estimé entre 7 et 9 ans), en particulier car les symptômes, liés aux œstrogènes, sont fréquemment assimilés à des douleurs menstruelles considérées comme ordinaires.

Concrètement, l’endométriose se caractérise par la présence de tissu semblable à la muqueuse utérine, en dehors de l’utérus. Cette anomalie provoque des lésions sur les tissus atteints. La physiopathologie de l’endométriose est complexe et multifactorielle, mais repose sur des mécanismes clés. Les lésions sont hautement dépendantes des œstrogènes, via l’activation des deux types de récepteurs aux œstrogènes : ERα et ERβ. L’activation d’ERβ favorise la prolifération, l’adhésion et la survie des cellules endométriales en dehors de l’utérus, tandis qu’ERα stimule l’angiogenèse [1]. La néo-vascularisation, souvent immature, induit une hypoxie locale persistante, qui entretient une inflammation chronique. Celle-ci se traduit par un recrutement macrophagique, une production accrue de cytokines pro-inflammatoires et une neurogenèse intra-lésionnelle. Ces mécanismes expliquent la nature plurifactorielle de la douleur dans l’endométriose, combinant douleur inflammatoire, neuropathique et nociplastique [2].

Quels traitements disponibles ?

À ce jour, il n’existe pas de traitement curatif de l’endométriose ; les prises en charge disponibles visent uniquement à atténuer les symptômes. Il s’agit principalement de traitements hormonaux, voire chirurgicaux, mais leur efficacité reste limitée. Dans ce contexte, les stratégies non médicamenteuses suscitent un intérêt croissant, tant chez les patientes que chez les cliniciens : thérapie du plancher pelvien, éducation à la gestion de la douleur, activité physique, acupuncture, mais surtout modifications alimentaires. Les approches nutritionnelles s’inscrivent principalement dans une logique de modulation de l’inflammation et de la réponse immunitaire.

Quelles stratégies nutritionnelles ?

Le régime méditerranéen et le régime pauvre en FODMAP [3] apparaissent comme étant les plus pertinents dans le cadre de la prise en charge de l’endométriose, car ils ciblent des mécanismes inflammatoires clés, à l’origine des symptômes de la maladie.

Le régime méditerranéen, riche en oméga‑3, polyphénols, antioxydants et fibres, présente un potentiel anti-inflammatoire élevé. Les oméga-3 peuvent moduler la synthèse des prostaglandines, tandis que les antioxydants et polyphénols contribuent à réduire le stress oxydatif et les cytokines pro-inflammatoires. Une consommation élevée de fruits, de légumes, de céréales complètes et d’huile d’olive favorise également la diversité du microbiote intestinal qui joue un rôle important dans la régulation de l’inflammation systémique.

Le suivi d’un régime pauvre en FODMAP peut lui aussi aider à réduire l’inflammation intestinale et la douleur chez les patientes atteintes d’endométriose, en particulier en limitant l’apport en glucides fermentescibles à chaîne courte, responsables de ballonnements, de douleurs abdominales et d’une hypersensibilité viscérale. Plusieurs études indiquent que ce régime contribue à une meilleure qualité de vie, en améliorant les symptômes gastro-intestinaux et en diminuant les douleurs pelvienne et urinaire, tout particulièrement chez les femmes atteintes d’endométriose et présentant des symptômes évocateurs d’un syndrome de l’intestin irritable.

Limites des données disponibles

Si les auteurs mentionnent une revue systématique de littérature signifiant que le régime méditerranéen, le régime pauvre en FODMAP et le régime sans gluten pourraient réduire les douleurs liées à l’endométriose de 25 à 50 % en quelques semaines, ils insistent sur le fait que ces résultats reposent sur un petit nombre d’études et des effectifs réduits. Ils soulignent par ailleurs la nécessité de mettre en place des essais contrôlés randomisés pour mieux comprendre les liens entre l’endométriose et des interventions nutritionnelles. Ce besoin est aussi mis en lumière par une diététicienne française spécialisée en santé féminine et gastro-entérologie dans un article de position [4] publié tout récemment. Dans ce processus, l’implication d’équipes pluridisciplinaires incluant des diététiciens est essentielle pour assurer la faisabilité, l’adhésion et l’individualisation des prises en charge.


[1] Formation de nouveaux vaisseaux sanguins autour et à l’intérieur des lésions d’endométriose.
[2] Hypersensibilité du système nerveux, qui entretient la douleur même en l’absence de lésion active. 
[3] FODMAP : Fermentable by colonic bacteria Oligosaccharides, Disaccharides, Monosaccharides And Polyols (oligosaccharides, disaccharides, monosaccharides et polyols fermentescibles par la flore intestinale). 
[4] Nutrition and endometriosis: Evidence, limits and clinical perspectives. Baraut MC. Clin Nutr ESPEN. 2026 Jan 31;72:102954. doi: 10.1016/j.clnesp.2026.102954.

A retenir

  • L’endométriose est une maladie chronique, inflammatoire et œstrogéno-dépendante, responsable de douleurs pelviennes, de troubles digestifs et d’infertilité.
  • Les traitements existants peuvent soulager les symptômes mais ne sont pas curatifs, d’où l’intérêt croissant pour des approches complémentaires, notamment nutritionnelles.
  • Des régimes alimentaires comme le régime méditerranéen ou le régime pauvre en FODMAP peuvent réduire l’inflammation et améliorer la qualité de vie, mais les preuves scientifiques restent limitées et nécessitent des études plus rigoureuses.

Sources

Endometriosis: pathophysiology and the potential role of diet. Wilder LH, Cabre HE, Dickey MS, Redman LM. Adv Physiol Educ. 2026 Mar 1;50(1):146-153.
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