Novembre 2024
La conception de repas ou menus équilibrés demande du temps et de la réflexion… certains pourraient ainsi être tentés de se tourner vers des chatbots d’intelligence artificielle (IA), qui fournissent à volonté, gratuitement, 24h/24h et en un temps record, des recettes et plannings de menus. Mais les réponses générées par de tels outils permettent-elles de répondre aux besoins nutritionnels, sans créer de carences ou d’excès ?
Pour le savoir, des chercheurs ont interrogé ChatGPT (version 3.5 de septembre 2023) et Bard/Gemini (version d’octobre 2023) en leur demandant d’établir des menus équilibrés pour une femme de 25 ans – tantôt omnivore, végétarienne, ou végétalienne selon les prompts – avec des besoins caloriques quotidiens de 2 200 kcal. Ils ont ensuite comparé la composition nutritionnelle des 108 menus proposés aux valeurs nutritionnelles de référence américaines. Dans l’ensemble, les menus proposés permettaient de couvrir la plupart des besoins nutritionnels. Toutefois, quelques déviations non négligeables étaient observées. A commencer par la tendance des outils d’IA à proposer des menus moins riches en calories que ce qui était explicitement demandé dans le prompt (≈ 1 800 kcal) ; les menus présentaient également des apports trop bas en glucides, avec des portions de féculents de trop petite taille. Côté micronutriments, les menus étaient tous déficitaires en vitamine D. Sans surprise, les besoins en vitamine B12 n’étaient pas couverts par les menus végétaliens proposés, mais les chatbots n’alertaient sur la nécessité d’une supplémentation que dans de rares cas.
Les chercheurs ne remettent pas en question les avantages et le potentiel important des chatbots d’IA pour aider les consommateurs à manger plus équilibré. Utilisés occasionnellement, ils pourraient même permettre des améliorations des apports alimentaires chez certains individus dont les consommations sont très éloignées des recommandations. Toutefois, les omissions/manquements repérés dans les conseils alimentaires des chatbots (déjà pointés dans le cas des maladies métaboliques, voir autre précédente brève à ce sujet) peuvent être sources de risque en cas de recours systématique à ces outils.