Labels d’origine et de qualité : des repères pour une consommation responsable

Labels d’origine
et de qualité :
des repères pour une consommation responsable

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Septembre 2022

Depuis plusieurs années, la France s’est lancée dans la production de sucre de betterave répondant à des cahiers des charges environnementaux (HEV, Agriculture Biologique…). Cette offre permet au sucre « made in France » d’entrer dans la composition de produits écocertifiés. L’occasion de faire un point sur les différents signes de qualité et d’origine que nous pouvons mettre à profit pour éclairer nos choix de consommation. Suivez le guide…

Les signes, labels et autres logos faisant référence à un terroir, un mode de production ou à une qualité spécifique ont pour fonction d’aider le consommateur à se repérer et à faire des choix qui rejoignent au mieux ses aspirations. Leur multiplication témoigne de la diversité des attentes citoyennes et environnementales auxquelles les marques et produits alimentaires souhaitent répondre. Pour autant, que garantissent réellement ces signes ? Quelles sont leur origine et leur légitimité ? Sont-ils concurrents ou complémentaires ? Le meilleur moyen de s’orienter dans la « jungle des labels » est de se référer aux valeurs sûres.

Les signes officiels de qualité et d’origine (SIQO)

Les « Signes officiels de qualité et d’origine » des produits alimentaires et agroalimentaires sont placés sous l’égide de l’État (ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation) et de la Commission européenne. Ils s’inscrivent dans le prolongement des démarches mises en place dès le début du 20e siècle par la France qui s’est dotée, en 1935, d’un organisme dédié : l’Institut national de la qualité et de l’origine (INAO).

Comme le rappelle sa directrice, Marie Guittard, « la France fait figure de précurseur en matière de signes d’origine et de qualité, avec notamment la création de l’AOC en 1935 et du Label Rouge en 1965, puis l’homologation des cahiers des charges AB au début des années 1980. C’est pourquoi, lors de la création des labels européens, nous avons maintenu avec les mêmes exigences notre label AOC à côté de l’AOP européen et le label AB à côté de l’Eurofeuille. » (sources : INAO, AANA)

Il existe aujourd’hui 5 signes officiels de qualité et d’origine.

L’Appellation d’origine contrôlée (AOC) et son équivalent européen l’Appellation d’origine protégée (AOP) mettent en avant la notion de « terroir ». Ces signes désignent un produit dont toutes les étapes de production sont exécutées selon un savoir-faire reconnu, au sein d’une aire géographique délimitée. Ils s’appliquent principalement aux produits laitiers, viandes, miels, vins et spiritueux.

L’Indication géographique protégée (IGP) identifie un produit agricole, brut ou transformé, dont la qualité, la réputation et les caractéristiques sont liées à son origine géographique. Elle concerne tous les produits alimentaires et agroalimentaires, hors spiritueux.

Le registre des IGP compte des fleurons du patrimoine sucré comme la Bergamote de Nancy, la Gâche et la Brioche vendéennes, la Crème de cassis de Dijon

Le label européen Spécialité traditionnelle garantie (STG) signale un produit dont les qualités spécifiques sont liées à une composition et à une méthode de fabrication fondées sur une tradition reconnue.  Mais ce n’est pas une garantie d’origine car le produit peut être réalisé en dehors de sa région originelle.

Le Label Rouge est un signe qualité supérieure propre au marché français. Il désigne un produit dont les conditions de production et/ou de transformation garantissent une qualité supérieure par rapport à un produit similaire (goût, texture, nutrition, fraîcheur, maturité, bien-être animal…). Il ne prend pas en compte l’origine géographique du produit, ni sa dimension traditionnelle. Il est ouvert à tous les produits alimentaires, y compris ceux fabriqués hors de France. Certains produits non alimentaires peuvent aussi y prétendre, à l’image des sapins de Noël.

Le label Agriculture biologique (AB) et sa déclinaison européenne sous forme d’Eurofeuille garantissent des produits issus d’une agriculture aux pratiques environnementales optimales : utilisation limitée des intrants non organiques (engrais, produits de traitement), respect de la biodiversité, préservation des ressources naturelles.

Du sucre de betterave « Bio » et à « Haute Valeur Environnementale »

Les acteurs de la filière betterave-sucre française se sont engagés depuis plusieurs années dans la production de sucre de betterave bio « 100 % made in France ». Les surfaces consacrées à ces cultures sont en expansion constante, passant de 1 000 ha en 2019 à 2 000 ha en 2021.

Au-delà des utilisations alimentaires (sucre de bouche bio, produits sucrés bio), cette production génère des débouchés non alimentaires à travers les pulpes de betteraves, qui entrent dans l’alimentation des bovins élevés en agriculture biologique, et l’alcool éthylique utilisé, par exemple, dans les cosmétiques écocertifiés (Cosmos Organic).

Parallèlement, la France a lancé en 2020 les bases d’une production de sucre certifié « Haute Valeur Environnementale » (HVE). Ce label a été mis en place par le ministère en charge de l’Agriculture en 2011, à la suite du Grenelle de l’Environnement et à la demande d’agriculteurs souhaitant valoriser leurs bonnes pratiques agricoles. Délivré par des organismes certificateurs agréés, le label HVE garantit que les pratiques mises en œuvre sur l’ensemble de l’exploitation préservent l’écosystème naturel et réduisent au minimum la pression sur l’environnement.

Encore peu connu des consommateurs, ce signe de qualité environnementale est appelé à monter en puissance, tout comme les surfaces de betteraves sucrières engagées sur ce cahier des charges.

Les labels collectifs et privés

La nécessité de mettre en valeur les productions locales a, de longue date, conduit les collectivités territoriales à créer des signes d’identification. Aujourd’hui, chaque région ou département possède sa marque ou son label, et ces initiatives vont à la rencontre des consommateurs de plus en plus demandeurs de produits locaux et de terroir.

Ces labels généralement sont le fruit d’un partenariat entre acteurs privés, associatifs et institutionnels qui en garantissent la légitimité (Région, Département, Chambres de commerce et d’agriculture, entreprises, agriculteurs, acteurs du patrimoine…). Ils identifient et assurent la promotion de produits issu de savoir-faire locaux et réalisés au sein de l’aire géographique concernée.

Un grand nombre de spécialités du patrimoine sucré sont, par leur ancrage territorial, naturellement concernées par ces labels qui en garantissent l’origine, la traçabilité et l’authenticité. Ainsi, la marque « Produit en Bretagne » regroupe pas moins de 840 produits d’épicerie sucrée (pâtisseries, caramels, bonbons) dont 30 références de biscuits bretons

Autre exemple, les Hauts de France se sont dotés du blason « Saveurs en’Or » qui consacre le patrimoine agroalimentaire régional. Le sucre de betterave y tient naturellement une place de choix, de même que les incontournables gaufres, tartes au sucre et autres Bêtises de Cambrai

Du patrimoine gastronomique au patrimoine économique

Au-delà de la satisfaction des consommateurs, la qualité des productions et l’authenticité des savoir-faire sont une source de valeur-ajoutée qui contribue aux performances économiques. C’est cette dimension que le ministère de l’Économie et des Finances a voulu consacrer en créant, en 2005, le label « Entreprise du Patrimoine Vivant ».

Ouvert à tous les secteurs d’activité, il distingue les savoir-faire artisanaux et industriels d’excellence, soit près de 1 400 entreprises à ce jour. Sur les 180 acteurs de la catégorie Gastronomie, on compte une trentaine de représentants de l’épicerie sucrée, dont les bonbons Anis de Flavigny, la brioche pralinée Pralus ou le pain d’épices de Dijon Mulot et Petitjean

Si, comme le souligne le ministère de tutelle, le label apporte à ces entreprises « une médiatisation nationale et internationale et favorise leur développement », il constitue un atout supplémentaire pour attirer l’attention des consommateurs et les conforter dans des choix de plus en plus vigilants et éclairés.

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