Mars 2026
Longs à compléter, prévus pour enfants avec des troubles alimentaires ou risque de surnutrition, spécifiques d’un pays… : les questionnaires évaluant le comportement alimentaire s’avèrent souvent inadaptés à la détection de la malnutrition chez les jeunes enfants. D’où la création de l’International Complementary Feeding Evaluation Tool (ICFET), outil d’évaluation de la diversification alimentaire capable d’identifier chez chaque enfant les facteurs réversibles susceptibles de provoquer ou de prolonger la sous-nutrition.
Ce récent article a pris le temps d’en décrire le contenu complet mais aussi d’analyser ses performances dans différents contextes. Pour ce faire, des questionnaires ICFET ont été complétés par les parents de 473 enfants âgés de 6 à 24 mois au Royaume-Uni, au Kenya, au Pakistan et au Guatemala. Des ICFET répétés ont été recueillis pour 62 enfants débutant un traitement pour malnutrition aiguë modérée (MAM) au Kenya et au Pakistan pour tester sa stabilité.
Des mesures fiables, comparables entre pays
Premiers résultats : l’ICFET détecte des similitudes et différences en termes de diversifications alimentaires entre pays. L’introduction des aliments solides était beaucoup plus précoce au Royaume-Uni que dans les autres pays ; au Kenya et au Pakistan, l’auto-alimentation était moins fréquente et l’alimentation forcée [1] plus courante qu’au Guatemala et au Royaume-Uni. Dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires, seuls 23 % des enfants consommaient quotidiennement au moins 5 des 8 groupes alimentaires recommandés [2], soit le seuil retenu de diversité alimentaire.
La seconde série de résultats concerne le comportement alimentaire chez les enfants atteints de MAM. Dans les centres de traitement de la MAM, l’avidité alimentaire [3] était faible et le refus alimentaire élevé (comparativement aux nourrissons britanniques en bonne santé). Les deux dimensions étaient stables dans le temps, suggérant qu’elles mesurent des caractéristiques durables.
Ainsi l’ICFET, outil rapide, facilement administrable par entretien ou questionnaire (papier ou téléphone), transposable en plusieurs langues, fournit des mesures valides et stables du comportement alimentaire qui peuvent être utilisées dans des essais cliniques, des études de facteurs de risque ou pour personnaliser les conseils nutritionnels individuels afin de lutter contre la malnutrition.
Graphical abstract
[1] 3 questions portant sur l’alimentation forcée ont été utilisées pour établir le score d’alimentation forcée
[2] Lait maternel, aliments riches en amidon, légumineuses, produits laitiers, viande/poisson, œufs, fruits et légumes à feuilles vertes
[3] 6 questions concernant l’appétit et le plaisir de manger ont permis de calculer un score d’avidité