L’étude NutriNet-Santé explore les liens entre apports en sucres et cancers ?

L’étude NutriNet-Santé explore les liens entre apports en sucres et cancers ?

Santé

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Des études expérimentales suggèrent que la consommation excessive de sucres pourrait jouer un rôle dans l’étiologie de certains cancers tandis que les centres internationaux de recherche sur le cancer (WCRF/AICR [1]) concluent à un manque de preuves pour l’affirmer. Pour en savoir plus sur cette relation, les données de la cohorte française NutriNet-Santé ont été analysées, avec un focus particulier sur les types de sucres et leurs sources alimentaires.  

Des apports en sucres comparables à ceux de la population générale

C’est au total 101 279 Nutrinautes qui ont été inclus dans l’étude et suivis près de 6 ans. Leurs consommations de sucres totaux (ajoutés et naturellement présents), de 92,8 g/jour, étaient similaires à celles rapportées par l’étude INCA 3 (représentative de la population française) et contribuaient à 19,6 % de leurs apports énergétiques totaux.

Un risque plus élevé pour le cancer du sein uniquement

Les sujets dont les apports en sucres totaux étaient les plus élevés (le 4e quartile – 135,3 g/jour en moyenne) présentaient un risque global de cancer accru de 17 % par rapport aux sujets présentant les apports les plus faibles (le 1er quartile – 55,5 g/jour). Cependant, cette association était essentiellement liée à une augmentation du risque de cancer du sein. Car parmi les cancers explorés, seul celui-ci présentait un risque augmenté avec les consommations les plus élevées de sucres totaux (+ 51 % avec 135,3 g/j versus 55, 5 g/j) et de sucres ajoutés (+ 47 % avec 62,2 g/j versus 19,4 g/j). Lorsque les données liées cancer du sein étaient retirées, le risque de cancer global n’était plus associé aux consommations de sucres totaux ni de sucres ajoutés.

Une analyse selon la nature des sucres

Les sucres ajoutés, et notamment le saccharose, les sucres libres et les sucres provenant des boissons sucrées, des produits laitiers et des desserts lactés étaient associés au risque de cancer du sein mais pas le fructose ni les sucres provenant des fruits.

Un risque indépendant du poids

Ces associations, qui restaient significatives après ajustement sur l’indice de masse corporelle et sur le gain de poids durant le suivi, laissent supposer que les sucres agiraient par d’autres mécanismes que l’excès calorique et le surpoids. Les chercheurs évoquent le stress oxydatif, l’inflammation ou encore l’insulinorésistance, qui seraient favorisés par des apports élevés en sucres. Toutefois, ces données sont issues d’une cohorte dont les volontaires sont plus attentifs à leur santé et moins concernés par le surpoids ou l’obésité que la population générale. En outre, ce sont les premières données qui observent une association entre le risque de cancer du sein et l’apport en sucres. Elles mériteront donc d’être confrontées à des résultats provenant d’autres cohortes.


[1] World Cancer Research Fund/American Institute for Cancer Research. Diet, nutrition, physical activity and cancer: a global perspective. continuous update project expert report 2018.

A retenir
  • Une consommation élevée de sucres est associée à un risque plus important de cancer du sein mais pas des autres cancers ;

  • Les mécanismes mis en jeu dans cette relation nécessitent encore d’être explorés car la prise de poids pouvant être consécutive à un excès de sucres ne serait pas en cause.

Sources
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