Les déficiences des composantes de la mémoire de travail observées pendant un régime amaigrissant peuvent-elles être attribuées aux préoccupations qui en découlent ? Pour le savoir, quarante femmes d’ âge moyen (40-50 ans), s’ étant mises elles-mêmes au régime (n=20) ou non (n=20) ont répondu à un questionnaire de 20 items sur les 3 facteurs les plus préoccupants : nourriture, régime et forme du corps. Puis elles ont subi des tests de tâches concurrentes en effectuant simultanément des exercices d’ arithmétique mentale et une tâche secondaire, suppression articulatoire, tapotement spatial ou génération aléatoire de nombres, qui mobilisent respectivement la boucle phonologique, le calepin visuospatial et le centre exécutif, les 3 composantes de la mémoire de travail. L’ arithmétique mentale a été utilisée comme tâche principale car elle mime le profil de déficience de la mémoire de travail chez les personnes au régime en surchargeant la boucle phonologique et le centre exécutif. Les personnes au régime sont plus préoccupées par la nourriture et leur corps que les autres, ce qui n’ est pas significativement corrélé avec les erreurs de calcul, mais avec un temps de latence plus long pour la suppression articulatoire et la génération aléatoire de nombres. Les pensées d’ amaigrissement, en interférant avec le fonctionnement de la boucle phonologique et du centre exécutif, sont donc responsables des déficiences de la mémoire de travail des individus au régime.

Auteur : Louise Vreugdenburg et al.