La quantité de glucose consommée par l’organisme varie avec les différentes phases du cycle veille-sommeil ; elle est au plus haut au cours de l’état de veille, au plus bas lors du sommeil profond. Plusieurs travaux expérimentaux ont rapporté l’apparition d’une insulinorésistance provoquant une intolérance au glucose chez des sujets dont le sommeil a été volontairement réduit à 4 heures par nuit pendant au moins 2 nuits. Une étude récente montre qu’une seule nuit de sommeil réduit suffit à provoquer une insulinorésistance mesurée selon la technique classique du clamp euglycémique hyperinsulinique, consistant à perfuser de l’insuline à débit constant et du glucose à débit variable pour maintenir la glycémie à 1 g/L. Dans ces conditions, plus le débit de glucose perfusé est important, plus le sujet est sensible à l’insuline. Chez les sujets de l’étude, le débit de glucose du clamp a dû être diminué de 25 % par rapport au débit suffisant après une nuit de 8 heures de sommeil (p = 0,001). Associée à la technique du clamp, l’utilisation d’un traceur radioactif a permis d’identifier les voies métaboliques impliquées. Après une seule nuit de sommeil réduit à 4 heures, la production endogène de glucose assurée par le foie (néoglucogenèse) a été significativement augmentée de 22 % (p = 0,017) reflétant une insulinorésistance hépatique. Le taux de glucose disponible est significativement réduit (-20 % ; p = 0,009), indiquant une insulinorésistance des tissus périphériques. Enfin, le taux plasmatique d’acides gras libres non estérifiés, reflétant une lipolyse périphérique, était significativement augmenté de 19 % (p = 0,005). Les mécanismes proposés pour expliquer ces liens entre privation de sommeil et insulinorésistance restent largement hypothétiques. 


A single night of partial sleep deprivation induces insulin resistance in multiple metabolic pathways in healthy subjects. Donga E., van Dijk M., van Dijk J.G., Biermasz N.-R., et al. J Clin Endocrinol Metab, 2010, 95, 6 : 2963-2968

Auteur : Donga E., van Dijk M., van Dijk J.G., Biermasz N.-R., et al

Documents supports :
Brève Nutrition N° 41 - Septembre 2010 - N41005