Une nouvelle vie pour la sucrerie de Francières

 

le vendredi 29 octobre 2010, 10:13:33

Perrine Delporte

 

La sucrerie sera bientôt transformée en centre d’interprétation du sucre

La sucrerie de Francières a traversé les années pour vivre une nouvelle histoire : raconter son passé et le futur de la betterave.

 

Le sucre a fait l’histoire de la Picardie

Première région sucrière depuis la fin du XIXe siècle, la Picardie est le berceau du sucre. Entre 1880 et 1910, elle comptait près de 200 sucreries. « La Picardie a toujours été à la pointe de l’industrie sucrière et ses sucreries ont servi d’exemple en France comme à l’étranger » rappelle Bertrand Fournier, chercheur au service de l’inventaire du Conseil régional. Celle de Francières (60) est l’une d’entre elles. Créée en 1829, elle a su se développer et évoluer pendant 140 ans, tout en conservant son patrimoine. En témoignent le pavillon d’entrée de 1829 et le four à chaux de 1860. Mais face au développement des grands groupes industriels, elle n’a pas résisté : elle a fermé ses portes en 1969 et laissé son site à l’abandon depuis cette date. Menacée de destruction, la sucrerie de Francières a été inscrite aux Monuments historiques en 1999. « C’est tout un patrimoine industriel qui représente l’identité même de la Picardie. C’est important que ce lieu reste vivant ».

 

Une vie sociale autour de l’usine

Aujourd’hui en phase de nettoyage, la sucrerie sera réhabilitée en 2011 et ouverte au public début 2012. « Ce centre d’interprétation sera un lieu de mémoire de l’industrie sucrière » précise Michel Varoqueaux, président de l’association de sauvegarde de la sucrerie de Francières. Celle-ci œuvre depuis près de 15 ans pour qu’un tel projet voie enfin le jour. Forte de ses 350 membres, dont plusieurs anciens salariés, elle en assure actuellement la maîtrise d’ouvrage. « Nous serons bientôt les seuls témoins de ce passé ! » souligne Michel Varoqueaux. En effet, 80 personnes y travaillaient et toute une vie sociale s’y est développée. « Des familles entières ont travaillé ici, de père en fils » rapporte Jean-Pierre Bricout, propriétaire du site. « Il y avait une vie en autarcie. Les salariés logeaient en face de l’usine, allaient à la messe dans la chapelle de l’usine, leurs enfants étaient scolarisés dans l’école de l’usine. Le sucre était fourni, tout comme le lait, le charbon ainsi qu’un petit lopin de terre ».

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