Un mécanisme impliqué dans la phase précoce de la maladie d’Alzheimer (MA) est l’action neurotoxique de petits oligomères diffusibles (ADDL, pour « Amyloide beta-derived diffusible ligands »). Se liant aux récepteurs synaptiques, les ADDL altèrent les synapses et interfèrent avec la potentiation, un « renforcement » de synapses impliqué dans la mémorisation. La MA résulterait de la perte d’un mécanisme de protection contre les ADDL qui se formeraient tout au long de la vie. Parmi les facteurs de protection synaptique, l’insuline était un bon candidat, étant donné une corrélation positive entre insulino-résistance et MA. Effectivement, l’insuline et les ADDL régulent réciproquement leurs récepteurs et la survie des synapses dépend de l’équilibre insuline/ADDL. Le rôle d’agents insulino-sensibilisateurs (thiazolidinediones, TZD) et de l’insuline a été testé avec succès in vitro, in vivo, et dans des essais pilotes chez l’homme. Après 6 mois de traitement par pioglitazone, l’insulinémie à jeun et l’insulino-résistance sont diminuées et les fonctions intellectuelles améliorées chez des patients diabétiques de type 2 atteints de MA et traités par d’autres antidiabétiques oraux. L’administration d’insuline pendant 21 jours à des patients non diabétiques atteints de MA précoce améliore les fonctions cognitives de façon dose-dépendante (>20 U). L’administration par voie nasale permet de cibler le cerveau sans diffusion périphérique. En revanche, une restriction calorique visant à réduire l’insulino-résistance n’a pas démontré son efficacité sur les fonctions supérieures et risque d’induire une dénutrition chez les sujets âgés. Ces résultats restent à confirmer à plus grande échelle, mais ouvrent de nouvelles perspectives thérapeutiques prometteuses en dépit des risques cardiovasculaires associés aux TZD.
Insulinorésistance et maladie d’Alzheimer. Amouyal C., Andreelli F. Médecine des maladies métaboliques, 2009, 3, 4 : 393-396


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Brèves Nutrition N° 38 - Décembre 2009 - N38014