Comment la présence de sucres dans la bouche peut-elle améliorer les performances à l’exercice ? En l’absence d’effet métabolique périphérique, s’agissant d’un exercice relativement court et intense (>75 %VO2max), une action directe sur le cerveau via des récepteurs buccaux aux sucres a été proposée. Afin de vérifier cette hypothèse, 8 cyclistes entraînés devaient fournir un effort donné (900 kJ, 1H environ) en un temps minimum en pratiquant plusieurs rinçages de bouche avec une solution de 6,4% glucose (GLU) ou de 6,4% maltodextrine artificiellement sucrée (MALT) comparée à une solution placebo (PLA) d’aspartame et de saccharine, selon un schéma double aveugle, croisé. Avec GLU et MALT, le temps a été réduit de 2% (p = 0,007) et 3,1 % (p = 0,012) respectivement: les sujets ont maintenu leur effort en fin de course, à fatigue ressentie égale. Parallèlement, des études de neuro-imagerie par résonance magnétique fonctionnelle chez 2 groupes de 7 sujets ont comparé la réponse corticale de 2 solutions de glucose et de saccharine de goût également sucré vs contrôle (salive artificielle) et de deux solutions isocaloriques à 18 % de glucose et de maltodextrine (dépourvu de goût sucré) vs contrôle. Seuls glucose et maltose activent des régions du cerveau liées à la récompense (cortex cingulé antérieur et striatum), confirmant un effet central de ces glucides. La fatigue lors d’un exercice intense diminue donc avec une exposition répétée de la bouche à des glucides, indépendamment de leur goût sucré, confirmant l’existence d’une nouvelle classe de récepteurs oraux, sensibles aux propriétés caloriques des glucides.

 

Une nouvelle classe de récepteurs oraux sensibles aux propriétés caloriques des sucres diminue la fatigue à l’exercice. CHAMBERS E.S. et al., J Physiol, 2009, 587 :1779-94

Auteur : Chambers ES et al

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Brèves Nutrition N° 36 - Juillet 2009 - N36003