Les comportements agressifs et violents sont maîtrisés par l’autocontrôle de soi (self-control). Or, il a été montré que ce self-control entraîne la  consommation  d’une quantité relativement importante de glucose au niveau du cerveau. Un travail récent a testé l’hypothèse selon laquelle de faibles niveaux de glucose (à travers un faible métabolisme glucidique ou non) sont liés à des niveaux élevés d’agression et de violence, en s’appuyant sur une étude expérimentale et sur trois études de corrélation tant au niveau individuel que d’un état ou d’un pays. L’étude expérimentale (62 étudiants volontaires) a montré que, dans le cadre d’un jeu, les participants qui avaient bu une boisson sucrée ont eu un comportement significativement moins agressif que ceux qui avaient bu une boisson avec édulcorant. La deuxième étude portait sur 112 diabétiques volontaires. Ils ont complété trois questionnaires portant respectivement sur leur statut diabétique, l’autocontrôle et l’agressivité. Les auteurs ont conclu à une relation indirecte entre diabète et agressivité, à travers un faible autocontrôle de soi. La troisième étude, réalisée dans 50 états des États-Unis, a comparé les taux de diabétiques et les taux de crimes en 2001, en incluant le revenu médian. Les auteurs de cette étude ont observé une prévalence du diabète positivement liée aux taux de crimes violents, y compris après contrôle de la variable « revenu ». La quatrième étude a comparé les taux de déficit en glucose-6-phosphate déshydrogénase (G6PD, trouble du métabolisme glucidique) dans 122 pays et les données sur les meurtres violents liés ou non à la guerre dans ces pays. Les auteurs ont observé que les pays avec les taux les plus élevés de déficit en G6PD avaient plus de meurtres violents. Les résultats  de ces quatre études suggèrent que la  régulation du métabolisme glucidique  est un facteur qui contribue à la gestion du self-control des individus.


Sweetened blood cools hot tempers: physiological self-control and aggression. Dewall C.N., Deckman T., Gailliot M.T., Bushman B.J. Aggress Behav, 2011, 37, 1 : 73-80


Documents supports :
Brèves Nutrition N° 44 - Juillet 2011 - N44015