Dans ce commentaire, Arne Astrup et Anne Raben remettent en cause la validité des résultats de l’ étude de Lammert et col. sur les effets métaboliques d’ une consommation excessive de glucides ou de lipides (cf Brèves N11037). En effet, dans l’ étude de Lammert, la surconsommation de glucides induit une augmentation de poids légèrement supérieure (+ 0,6 kg) à celle obtenue avec des lipides, mais cette différence n’ est pas significative. Cependant, avec les outils statistiques utilisés par les auteurs, il aurait fallu avoir un échantillon au moins deux fois plus important pour observer une différence de poids de 20%, statistiquement significative ! De plus, les auteurs concluent qu’ une surconsommation de glucides n’ augmente pas la thermogenèse et que celle-ci est identique à celle qui est observée après une consommation excessive de lipides. Or, les repas de l’ étude apportent un excès de glucides de 118 MJ (répartis sur 21 jours) dont, d’ après les résultats, 39% contribuent à la prise de poids, 9% sont éliminés dans les fèces et 3% sont utilisés pour la lipogenèse. Il reste donc 49% de l’ énergie apportée par les glucides dont le devenir n’ est pas mentionné et qui devraient logiquement entraîner une augmentation de la thermogenèse. Enfin, il paraît peu probable que la thermogenèse soit identique pour les 2 régimes (excès de glucides ou de lipides) puisqu’ il faut 68% d’ énergie supplémentaire pour gagner 1 kg de masse grasse avec un excès de glucides par rapport à un excès de lipides et que les gains de masse grasse mesurés pour les 2 types d’ alimentation sont identiques.

 

Sugar as a slimming agent ? A Astrup, A Raben, Br J Nutr, 2000, 84 : 585-587