Tas1r3, encoding a new candidate taste receptor, is allelic to the sweet responsiveness locus SAC Max M., Shanker Y.G., Huang L., Rong M., Liu Z., Campagne F., Weinstein H., Damak S. et Margolskee R.F. Nature Genetics, 2001 28 : 58-63. Article résumé : Cet article traite de l’identification d’un gène candidat (Tas1r3), qui coderait pour un récepteur nouveau de la famille des récepteurs couplés aux protéines G impliqués dans la réponse gustative à la saveur sucrée. Si de nombreux récepteurs gustatifs impliqués dans la perception de l’amer ont été identifiés ces dernières années chez la souris et l’homme, le déterminisme moléculaire associé aux capacités individuelles à percevoir le goût sucré des aliments reste en général mal connu. Une approche génétique quantitative visant à identifier les régions sur le génome qui sont liées à la perception du sucrée a été menée depuis plusieurs années. Cette approche dite QTL (Quantitative Trait Linkage) a consisté à l’étude du génome d’animaux très sensibles (goûteurs) ou au contraire très résistants (non goûteurs) à la perception de substances sucrées. Le pari de ces études moléculaires était de caractériser les récepteurs cibles du sucré et d’expliquer les mécanismes moléculaires impliqués dans la différence de perception du sucré dans différents modèles de souris. Le groupe de Margolskee a identifié le gène Tas1r3 codant pour un récepteur de la perception du sucré grâce à l’utilisation judicieuse des outils moléculaires et des bases de données génétiques. Précédemment, ce groupe avait identifié une localisation chromosomique, appelée locus sac, chez l’animal par une approche de criblage du génome. A partir cette région (locus sac), liée chez la souris à la perception de sucré, les chercheurs ont identifié la région homologue chez l’homme puis précisé chez la souris l’organisation des gènes. Le fait que Tas1r3 est le candidat le plus plausible, repose sur des arguments tirés de la connaissance physiologique (récepteur aux protéines G structurellement proches de protéines de la perception de l’amer), de la génétique (gène le plus proche du marqueur lié à sac, présence de polymorphismes susceptibles de distinguer les souris « goûteurs » et « non goûteurs » du sucré) et de l’expression de son transcrit (co-expression cellulaire forte avec les protéines impliquées dans la transduction de l’amer et du sucré, comme les gustducines). Commentaire : Les mammifères ont des capacités gustatives importantes mais leur système biologique permet de distinguer un nombre assez limité de modalités dont le sucre, l’amer, le salé et l’aigre. Ces capacités discriminatoires sont à première vue modestes mais elles conditionnent fortement le comportement des individus face à la nourriture de l’attraction vers l’aliment, au rejet et à l’aversion. La recherche des mécanismes moléculaires de la perception gustative touche à la fois la recherche médicale et fondamentale mais aussi au domaine socio-économique de l’agroalimentaire. Ces travaux nous apprennent que les systèmes de perception gustative sont d’une extraordinaire complexité. Le fait que certains mammifères se répartissent en 2 groupes (goûteurs, non-goûteurs) pour la perception de certaines substances conduit à envisager une origine d’ordre génétique à ce phénomène. Chaque modalité gustative (sucré, amer) est supposée être transmise par des voies de transductions conduites par les groupes de récepteurs cellulaires spécifiques situés dans les papilles gustatives de la langue et du palais. La perception du sucré et du salé dépend de récepteurs couplés en protéines G. Des travaux récents ont identifié une très grande famille de récepteurs (les T2Rs), dont les gènes sont regroupés en « cluster » sur le génome de souris et humain. Ils sont exprimés sélectivement dans les cellules gustatives de la langue et du palais et seraient spécialisés dans la perception de l’amer. Ils sont reliés à deux protéines G : la transducine et la gustducine. La preuve définitive du rôle de Tas1r3 dans la perception du sucré sera fournie probablement par l’utilisation de la transgénèse. Il pourrait transformer les souris « non goûteurs » du sucré en super « goûteurs » grâce à la surexpression cellulaire de Tas1r3. Il reste encore beaucoup d’inconnus sur le fonctionnement des récepteurs gustatifs spécialisés dans la perception du sucré. On peut se demander s’il existe d’autres familles de récepteurs regroupés en cluster, comme c’est le cas pour les T2Rs et quels sont les facteurs contrôlant leur expression. Au plan génétique, les relations entre des polymorphismes de Tas1r3 et la perception individuelle du sucré sont largement inconnues chez l’homme. elles nécessitent le développement d’investigations cliniques, dans des populations d’individus caractérisés par leur différence de perception gustative et du développement d’études d’associations génétiques. Karine CLÉMENT EA3502 Université Paris VI Service de Médecine et Nutrition Hôtel-Dieu, 75004 Paris