Cette revue détaille les données les plus récentes concernant le rôle et les besoins en glucides digestibles, chez les enfants de moins de 4 ans. En effet, durant cette période cruciale du développement, une des principales sources d’énergie est constituée par les glucides et en premier lieu par le lactose.

En préambule, les auteurs font une mise au point de terminologie essentiellement en raison de l’abondance des dénominations différentes concernant cette catégorie de nutriments, rendant hasardeuses les éventuelles comparaisons entre les études.

Ils abordent ensuite les apports proprement dits, en fonction des classes d’âge, montrant une augmentation progressive de la contribution des glucides, en particulier grâce aux amidons présents dans les céréales infantiles, mais aussi au saccharose, du fait d’une alimentation plus variée. Ils notent plus tard chez les jeunes enfants, une part importante des « sucres ajoutés » sous la forme de boissons (jus de fruits, boissons sucrées).

Sur le plan des recommandations, en se basant sur celles visant la population adulte, Stephen et son équipe préconisent que les glucides couvrent 40% des apports énergétiques chez le nourrisson, essentiellement via le lactose. De 6 mois à 2 ans, ils prônent une augmentation graduelle de la part de ces nutriments (jusqu’à 55%), sous la forme d’amidon par exemple, avec toujours une part prépondérante pour le lactose. Par la suite, les apports devraient s’approcher de ceux recommandés pour les adultes, en évitant les « sucres ajoutés ».

La suite de l’article concerne la physiologie et le rôle joué par les glucides dans l’installation des préférences alimentaires et le développement des fonctions cognitives. Les auteurs rappellent que le goût pour ces nutriments procède pour une part du domaine de l’inné et pour une autre part des expériences gustatives réalisées très tôt dans la vie.

La fin de la revue envisage l’aspect « santé » des glucides, leur rôle supposé dans l’hyperactivité, reposant sur des études de méthodologie imparfaite, leur implication dans le développement du surpoids et de l’obésité infantiles, de l’insulinorésistance ou du diabète, étayée par des travaux scientifiques ne montrant pas de relation causale. Est aussi abordée la complexité du caractère « cariogène » des sucres ajoutés, fortement liée aux habitudes de vie, telle l’hygiène buccodentaire (brossage et fluor), au niveau socio-économique et à la fréquence de contact entre les sucres ajoutés et les dents.

The role and requirements of digestible dietary carbohydrates in infants and toddlers.

Stephen A., Alles M., de Graaf C., Fleith M., Hadjilucas E., Isaacs E., Maffeis C., Zeinstra G., Matthys C., Gil A. Eur J Clin Nutr, 2012, vol. 66, No. 7, pp. 765-779.



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Auteur : STEPHEN A

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Brèves Nutrition N° 49 - Septembre 2012 - N49008 (Réf. 4738)