Des chercheurs de Nouvelle-Zélande ont cherché à caractériser les profils alimentaires des individus qui respectent les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur les sucres libres[1]. Leurs conclusions, obtenues à partir de l’analyse des consommations de 4 721 adultes de leur pays, sont tout sauf loin de ce à quoi ils s’attendaient.

Des recommandations sur les sucres libres peu suivies

Les chercheurs ont d’abord estimé le degré de suivi des recommandations de l’OMS dans la population. Ils constatent un suivi relativement faible : moins d’un sujet sur deux (42 %) respectait la recommandation limitant les sucres libres à 10 % de l’AET et moins d’un sur huit (12 %) respectait celle les limitant à 5 % de l’AET. En outre, les adultes de plus de 30 ans étaient plus nombreux à respecter les recommandations que ceux de moins de 30 ans.

Le profil alimentaire le plus respectueux est calorique et gras

Les chercheurs ont ensuite identifié 8 profils alimentaires types au sein de la population, qu’ils ont labellisés selon leurs caractéristiques les plus saillantes : profils « sandwich », « fast-foods, boissons sucrées et gâteaux », « traditionnel », « vente à emporter et alcool », « aliments de petit-déjeuner », « snacking », « graisses saturées et sucre » et « contemporain ». Un seul profil était associé au respect des deux recommandations de l’OMS (sucres libres < 5 % et < 10 % de l’AET) : le profil « vente à emporter et alcool ». Celui-ci était caractérisé par une consommation élevée de produits à base de pommes de terre, de poissons et fruits de mer, de boissons alcoolisées, d’aliments à emporter (type fish & chips en majorité), et par une faible consommation de soupes et de bouillons. Riche en énergie, il était aussi riche en sel et en graisses saturées.

Les autres profils respectent peu les recommandations

Un second profil, le profil « contemporain », plus équilibré (caractérisé par des consommations de céréales et pâtes, volaille, snacks, noix et graines, boissons allégées en sucre, et une faible consommation de biscuits) n’était associé qu’au respect de la recommandation de moins de 10 % de l’AET en sucres libres, et ce uniquement chez les hommes.

Quant aux six autres profils, ils étaient tous associés à un faible suivi de l’une et/ou l’autre des recommandations de l’OMS (< 5 % et/ou < 10 % de l’AET).

Ces données s’ajoutent à celles d’une autre étude[2] ayant aussi noté : (1) qu’il est possible de respecter les recommandations de l’OMS sur les sucres libres tout en adoptant un régime alimentaire que l’on pourrait qualifier de déséquilibré, puisque trop riche en énergie et pauvre en nutriments ; (2) et que ces types de régime sont relativement fréquents dans les pays riches.

 

À retenir :

  • La majorité des Néo-Zélandais ne respecte pas les recommandations de l’OMS sur la limitation des apports en sucres libres ;
  • Mais le respect des recommandations de l’OMS sur les sucres libres ne garantit pas pour autant d’avoir une alimentation respectant les recommandations pour les autres nutriments.

 

[1] < 10 % de l’apport énergétique total (AET), voire < 5 % de l’AET pour des bénéfices supplémentaires sur les caries, en sucres libres (=sucres ajoutés + sucres présents dans les jus de fruits)

[2] Nocella G & Srinivasan CS. Food Policy

 

Source : Dietary patterns associated with meeting the WHO free sugars intake guidelines. Steele C, Eyles H, Te Morenga L, Ni Mhurchu C, Cleghorn C. Public Health Nutr. 2020 Jun;23(9):1495-1506. doi: 10.1017/S1368980019004543.

Auteur : Steele C

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Brèves Nutrition Mai 2020