La consommation de boissons sucrées a-t-elle remplacé celle du lait et des purs jus de fruits dans l’alimentation des enfants américains ? C’est la question à laquelle a tenté de répondre cette série longitudinale basée sur les données d’une cohorte représentative d’enfants d’âge scolaire (Early Childhood Longitudinal Survey – Kindergarten Cohort 1998-1999). L’analyse a porté spécifiquement sur les enfants en 5e et 8e grade (équivalents CM2 et 4e ; n = 7 445) entre 2004 et 2007.

Pour cette première étude longitudinale en population représentative sur le sujet, il a été montré que la baisse de consommation de lait et de jus 100% fruits ne s’accompagnait pas d’une augmentation en parallèle de celle des boissons sucrées (β = 0,005 ; p = 0,81). En revanche, la limitation du lait et des jus s’est avérée plus importante chez les enfants buvant beaucoup de boissons sucrées. Lait et jus de fruits sont apparus évoluer parallèlement en termes de consommation ; l’augmentation éventuelle de l’un s’accompagnant d’une progression de l’autre (β = 0,087 ; p < 0,01). Chez les garçons et les enfants de milieux défavorisés, ce sont les jus de fruits et les boissons sucrées qui ont évolué parallèlement.

Ces résultats, discordants par rapport à de précédentes séries, pourraient s’expliquer, selon les auteurs, par le fait que les autres études étaient de plus faibles effectifs et que le « switch » lait-jus de fruits/boissons sucrées aurait pu s’installer sur des cohortes antérieures. Par ailleurs, il n’est pas exclu que les modifications de consommation soient intervenues avant l’âge du 5e grade.

Parmi les limitations de cette étude, figurent la non-prise en compte de la consommation d’eau par l’enquête alimentaire ainsi que l’interférence possible liée à la consommation de boissons avec édulcorants.

Au total, cette cohorte met en évidence que les boissons caloriques, quelles qu’elles soient, se cumulent dans l’alimentation des enfants américains sans se substituer les unes aux autres. Il convient donc de faire comprendre aux enfants et à leur famille, que l’apport énergétique de ces boissons, même celles considérées comme favorables à la santé, doit être pris en compte dans l’apport calorique journalier total.

Beverage displacement between elementary and middle school, 2004-2007.

Oza-Frank R., Zavodny M., Cunningham S.A.

J Acad Nutr Diet, 2012, vol. 112, No. 9, pp. 1390-1396.

 

 

 

Auteur : OZA-FRANK R

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 50 - Décembre 2012 - N50010 (Réf. 4755)