L’abondance d’aliments hautement palatables dans notre environnement représente une cause possible de surconsommation. Des études suggèrent que l’exposition à des signaux alimentaires, comme des photos d’aliments, augmenterait la consommation de ces aliments. D’autres études récentes n’ont pas confirmé cette hypothèse.

Les auteurs de ce travail ont investigué les effets de signaux visuels chez des hommes de poids normal (n=20) et obèses (n=20) qui ont regardé des images d’aliments riches en calories ou des images neutres (livres, crayons…) pendant 8 minutes, juste avant d’accéder au buffet.  Lors de deux sessions espacées de 14 jours, plusieurs paramètres ont été évalués : la consommation lors d’un buffet test ad libitum standardisé et de collations ultérieures, l’humeur, la faim et le désir de manger, ainsi que la réponse glucidique et des paramètres endocriniens. La quantité énergétique consommée lors du buffet ou des snacks, ainsi que la quantité de chaque aliment consommé, étaient comparables entre les groupes et n’ont pas été influencées par le type d’images vues. Les paramètres subjectifs d’humeur, de faim ou de désir de manger n’ont pas montré de différence quel que soit le groupe et quelle que soit la condition. Comparées aux images neutres, les images d’aliments ont diminué significativement la glycémie postprandiale chez les hommes de poids normal (P < 0,016) et obèses (P < 0,044). Aucun effet sur les concentrations d’insuline, peptide-C, ghréline, hormone adrénocroticotropique (ACTH), cortisol, et glucagon n’a été observé.

Ces données indiquent que l’exposition préliminaire à des photos d’aliments diminue la glycémie postprandiale par effet d’anticipation, sans modifier le comportement alimentaire chez les sujets de poids normal ou obèses. Les auteurs concluent que l’exposition à des signaux alimentaires n’entraîne pas une surconsommation mais améliore au contraire la réponse glycémique à la consommation, même si la nature de l’étude ne permet aucune conclusion sur les conséquences à long terme.

 

Visual food cues decrease postprandial glucose concentrations in lean and obese men without affecting food intake and related endocrine parameters.

Brede S, Sputh A, Hartmann AC, Hallschmid M, Lehnert H, Klement J

Appetite. 2017 Oct 1;117:255-262. * 70009

Auteur : Brede S

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Brèves Nutrition n°70 - Décembre 2017 - 70011