L’étude porte sur l’influence des apports alimentaires, de l’activité physique et des caractéristiques socio-économiques, psychologiques et sensorielles sur le gain de poids chez des participants à la cohorte Nutrinet-Santé. L’objectif de l’étude était d’élaborer et tester un modèle théorique, basé sur la littérature, qui résume les associations entre le changement de poids et les différents paramètres.

Les données des participants de la cohorte Française, suivis sur 5 ans (n = 8014 adultes), ont été utilisées dans cette analyse. Les résultats montrent que l’IMC au temps initial était le plus fort prédicteur du changement de poids. Les chercheurs ont donc choisi d’élaborer un modèle pour les personnes avec un IMC < 25 et un autre pour les personnes en surpoids ou obèses (IMC ≥ 25), afin d’étudier la contribution de chaque déterminant au changement de poids. Fait marquant, la restriction alimentaire était un prédicteur direct du gain de poids, avec un effet plus fort que l’âge ou la consommation d’aliments riches en énergie, chez les participants en surpoids ou non. Cependant, une forte restriction alimentaire a été associée à une consommation d’aliments de meilleure densité nutritionnelle tandis que, chez les participants en surpoids, une alimentation émotionnelle a été associée à une plus grande consommation d’aliments riches en énergie. Chez les sujets sans surpoids, la consommation d’aliments nutritionnellement denses et le niveau d’activité physique étaient inversement corrélées au gain de poids. L’appréciation du gras était le prédicteur le plus important de la consommation d’aliments riches en nutriments, et était également associée à la consommation d’aliments riches en énergie.

La restriction alimentaire a donc une influence directe sur le gain de poids, chez les personnes en surpoids ou non, et a été le plus fort prédicteur, suivi par des déterminants communs (apports alimentaires, activité physique ou âge). Les auteurs expliquent ce résultat original par la désinhibition associée à la restriction, l’impulsivité ou des troubles du comportement alimentaire. L’interprétation des résultats doit cependant tenir compte des caractéristiques de la cohorte, les sujets étant des volontaires, ils sont probablement plus concernés par un mode de vie sain et la nutrition que la population générale. Ainsi des recherches plus poussées sont nécessaires afin de valider l’influence de la restriction alimentaire sur le gain de poids, non expliquée par le régime alimentaire.

 

Relative Influence of Socioeconomic, Psychological and Sensory Characteristics, Physical Activity and Diet on 5-Year Weight Gain in French Adults. Lampuré A, Castetbon K, Hanafi M, Deglaire A, Schlich P, Péneau S, Hercberg S, Méjean C. Nutrients. 2017 Oct 28

Auteur : Lampuré A

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Brèves n°71 - janvier