Taste perception and implicit attitude toward sweet related to body mass index and soft drink supplementation

Le goût est le facteur qui influence le plus nos choix alimentaires, et la saveur sucrée en est un déterminant crucial. En matière de perception de cette saveur, les données de la littérature ne permettent pas encore de trancher la question d’une éventuelle différence entre les sujets normopondéraux et ceux en surpoids ou obèses. En revanche, des données récentes laissent envisager une perception du sucré variable selon le niveau de leptine.

Cette publication rapporte deux études. La première a comparé la perception et le plaisir éprouvé à la consommation de saveur sucrée chez des sujets normopondéraux (n = 22) et en surpoids/obèses (n = 11), et elle a sondé dans ces échantillons les attitudes implicites vis-à-vis du goût sucré au moyen de tests d’associations implicites. La seconde étude a soumis un groupe de 12 volontaires sains, de poids normal et faiblement actifs, à une consommation supplémentaire d’environ 760 ml/j de boissons sucrées durant un mois et a étudié la perception du goût sucré, les préférences explicites et les attitudes implicites des participants. Les auteurs ont par ailleurs recherché une éventuelle corrélation entre le taux de leptine et la consommation de sucres. Enfin, dans les deux études, la perception de la saveur salée a été évaluée comme perception de contraste.

Dans l’étude 1, la perception des saveurs sucrée et salée est apparue plus faible chez les sujets en surpoids/obèses. Par ailleurs, il a été mis en évidence, dans le même groupe de sujets, des attitudes implicites 2,1 fois plus positives vis-à-vis de la saveur sucrée. Dans l’étude 2, la consommation supplémentaire de boissons sucrées a modifié les niveaux de perception et de plaisir éprouvé face à la saveur sucrée, la sensibilité des sujets étant accrue pour des faibles concentrations et diminuée pour des plus fortes concentrations. Fait notable, le niveau de préférence explicite pour le sucré s’est trouvé augmenté dans un sous-groupe considéré comme n’aimant pas la saveur sucrée au départ. Les tests d’attitudes implicites n’ont pas été modifiés par l’intervention, pas plus que la perception de la saveur salée. Enfin, le taux de leptine à jeun a été retrouvé plus élevé après un mois d’apports supplémentaires en boissons sucrées.

Les auteurs considèrent que leurs résultats témoignent de conditions pouvant favoriser la survenue d’une obésité. Cependant, il leur paraît indispensable de mener des recherches incluant des boissons aux édulcorants afin de déterminer la part qui revient au surplus d’énergie et celle qui est liée à la saveur sucrée elle-même.


Taste perception and implicit attitude toward sweet related to body mass index and soft drink supplementation. SARTOR F., DONALDSON L.F., MARKLAND D.A., LOVEDAY H., JACKSON M.J., KUBIS H.P. Appetite, 2011, 57 : 237-46

 

Auteur : Sartor F., Donaldson L.F., Markland D.A., Loveday H., Jackson M.J., Kubis H.P.

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Brèves Nutrition N° 46 - Décembre 2011 - N46003 (Réf 4687)