Pour tenter d’enrayer l’épidémie d’obésité, les autorités de santé internationales conseillent actuellement de diminuer les apports lipidiques, d’augmenter la consommation de fruits, légumes et graines, tout en contrôlant la balance énergétique par la pratique quotidienne d’une activité physique d’intensité modérée. Celle-ci ne doit pas nécessairement consister en une heure d’exercice physique formel mais plutôt découler d’un mode de vie actif avec une activité étalée sur la journée et non sur une seule session. Pour valider ces recommandations, une étude a évalué l’effet de l’association de conseils diététiques et de conseils pour développer son activité physique, sur la perte de poids et la composition corporelle. Ce travail a recherché les effets éventuellement délétères de l’adoption d’une alimentation saine proche des recommandations, sur les profils lipidiques et insuliniques. Le programme consistait en un régime légèrement hypocalorique (diminution des apports de -500 -750 kcal/jour), riche en glucides (50-55% de l’énergie, dont 10% de saccharose) et hypolipidique (30-35% de l’énergie). Il comportait aussi des en-cas sucrés (barres céréales, yaourts, fruits…), pour améliorer l’observance et éviter l’adoption d’un comportement boulimique par la consommation régulière de petites quantités d’aliments. Cette étude a été menée pendant 12 semaines chez 109 femmes en surpoids ou obèses (IMC =25-40kg/m2), randomisées en 4 groupes : 1) pas de conseils diététiques ou physiques (contrôle) ; 2) conseils diététiques uniquement ; 3) conseils physiques uniquement ; 4) conseils diététiques et physiques. Après 12 semaines, les 3 groupes d’intervention avaient enregistré une perte de poids significative allant de 2,5% (groupe 3) à 4,7% (groupe 4) par rapport à l’inclusion (p<0,005 et p<0,001) et par rapport au groupe contrôle (p<0,005). Le tour de taille et le taux de masse graisse avaient aussi significativement diminué dans les 3 groupes après intervention. Cependant, c’est dans le groupe 4 que les modifications corporelles ont été les plus significatives par rapport au contrôle, avec une perte de poids moyenne de 4,2 kg et une diminution du tour de taille et du pourcentage de masse grasse de respectivement 6,5 cm (p<0,05) et 5,2% (p<0,005). Concernant la lipidémie, une diminution significative des apports lipidiques a été observée chez les sujets du groupe 4, qui ont vu leur cholestérol total diminuer de 0,45 mmol/l (p<0,05) et leur LDL-cholestérol de 0,53 mmol/l (p<0,05) après 12 semaines.

Cette étude démontre bien que l’association d’une activité physique régulière à un régime riche en glucides hypolipidique légèrement hypocalorique, n’excluant pas le saccharose, permet d’améliorer son efficacité et d’obtenir une perte de poids de 5 à 10%, de modifier la composition corporelle sans induire d’effets délétères sur la lipidémie comme certaines études l’ont parfois suggéré.


Effect of advice on dietary intake and/or physical activity on body composition, blood lipids and insulin resistance following a low-fat, sucrose-containint, high-carbohydrate, energy-restricted diet. Kirkwood L; Aldujaili E; Drummond S. Int J of Food Sciences and Nutrition, 2007, 58, 5 : 383-97

Auteur : Kirkwood L; Aldujaili E; Drummond S

Documents supports :
Brève Nutrition N° 32 - Avril 2008 - N32001