D’après le suivi, durant 16 ans, de 121 700 infirmières américaines (étude NHS), des nuits plus courtes prédisent un gain pondéral plus important et un risque accru d’obésité chez des femmes d’âge moyen. Il s’agit d’une association également observée dans d’autres études longitudinales d’adultes comme d’enfants. Pour évaluer objectivement la durée de sommeil, des mesures par enregistrement actigraphique au poignet ont été faites pendant plusieurs nuits chez 3055 hommes (76,4 ans) et 3052 femmes (83,6 ans) inclus dans 2 études transversales. Après ajustement, l’IMC était supérieur de 2,5 kg/m2 chez les hommes et de 1,8 kg/m2 chez les femmes dormant moins de 5 h par rapport aux sujets dormant 7-8 h par nuit, et les risques d’obésité multipliés par 3,7 et 2,3 respectivement. Le gain de poids était dû à une augmentation du tissu adipeux, notamment abdominal, entraînant un risque plus important de diabète et de maladies cardiovasculaires. L’association entre un sommeil chroniquement écourté et l’obésité existe indépendamment de l’apnée du sommeil, plus courante chez les obèses. Quels mécanismes pourraient expliquer cette association ? Une prise alimentaire augmentée ou modifiée en raison de changements hormonaux, d’une augmentation de l’alimentation hédonique ou d’un plus grand temps pendant lequel grignoter ? Une diminution de l’exercice volontaire ou involontaire ou une thermogenèse réduite ? Pour démontrer un rôle causal du sommeil sur le poids, une étude interventionnelle de longue durée devrait être réalisée chez des insomniaques, en veillant à augmenter leur temps de sommeil à ondes lentes !


Reduced sleep as an obesity risk factor. Patel S.R. Obesity Reviews, 2009, 10, Suppl. 2 : 61-68

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Auteur : Patel S.R.

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Brèves Nutrition N° 40 - Juin 2010 - N40009