Le goût pour la saveur sucrée est à la fois inné et universel. L’introduction des édulcorants non caloriques dans l’alimentation des enfants pose plusieurs questions : quelles peuvent être les conséquences à long terme de l’exposition des petits à des aliments à goût sucré mais à contenu énergétique minimal, entraînant un décalage entre perception gustative, appétit et prise alimentaire ? Et aussi quel peut être l’apprentissage gustatif d’un enfant qui associe saveur sucrée à édulcorant non calorique ?

Le plaisir sensoriel du sucré active le circuit de la récompense et se manifeste déjà in utero. Les préférences, en termes d’intensité de saveur, évoluent au long de la vie avec des différences selon l’âge. Le goût pour les aliments sucrés et à forte densité énergétique n’est pas seulement le résultat de campagnes publicitaires ciblées mais aussi un reliquat de l’Evolution qui témoignerait de la biologie de la croissance. Durant l’enfance, se déroule un apprentissage conditionné par les expériences sensorielles répétées, et par l’environnement social et familial, mais la densité énergétique demeure cependant un facteur important de choix alimentaire. Pendant cette période, l’impact des édulcorants sur les préférences alimentaires des enfants est mal connu, la plupart des études se focalisant plutôt sur les apports journaliers acceptables voire maximum, de ces ingrédients, durant l’enfance.

À l’âge adulte, le goût pour la saveur sucrée varie selon de multiples paramètres comme l’âge, le sexe ou la race. Le rassasiement sensoriel spécifique et l’alliesthésie négative sont aussi des éléments modulant le goût pour le sucré.

Au final, l’auteur de cette publication plaide pour des recherches permettant de mieux comprendre le rôle des habitudes alimentaires, incluant la consommation d’édulcorants, dans l’instauration des préférences chez l’enfant ainsi que l’impact de l’économique et du culturel sur les décisions d’achat de produits à saveur sucrée tout au long de la vie.

Sweetness and food preference. Drewnowski A., Mennella J.A., Johnson S.L., Bellisle F.

J Nutr, 2012, vol. 142, No. 6, pp. 1142S-1148S.

 


Auteur : A Drewnowski

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 49 - Septembre 2012 - N49002 (Réf. 4732)