Des études épidémiologiques permettent d’envisager un lien entre certains types de comportement et le surpoids. Rester devant sa télévision, boire de l’alcool et manquer de sommeil ont ainsi éveillé l’intérêt des chercheurs sans que, pour autant, ils n’apparaissent clairement comme cause ou conséquence du surpoids. Procédant à un travail de méta-analyse, les auteurs de cette série ont compilé un grand nombre d’articles et analysé au final 23 publications traitant de l’impact éventuel de ces comportements sur la prise alimentaire.

 

Les résultats de cette méta-analyse confirment que : regarder la télévision, boire de l’alcool ou ne pas dormir suffisamment, influencent à court terme le niveau de prise alimentaire (taille d’effet de Cohen d = 0,2 ; d = 1,03 et d = 0,49 respectivement). Il apparaît que la prise d’alcool est le trait de comportement qui conduise le plus significativement à manger plus.

Pour expliquer les données recueillies, les auteurs émettent différentes hypothèses dont notamment, l’accroissement de la ghréline, hormone de l’appétit, en relation avec la consommation d’alcool, le fait de regarder la télévision ou le manque de sommeil. Par ailleurs, ces trois comportements pourraient déréguler les voies nerveuses de la récompense, intervenant dans la prise alimentaire, et agir au niveau des zones cérébrales impliquées dans l’inhibition de la prise alimentaire. Le cortex préfrontal serait particulièrement sensible à la privation de sommeil, et à la prise d’alcool ; passer trop de temps devant son téléviseur aurait des conséquences défavorables sur les aires référentes des fonctions exécutives.

 

Si les 3 comportements étudiés dans cette méta-analyse apparaissent impliqués dans le fait de trop manger, il semble en revanche qu’inverser la tendance soit tout à fait possible puisque des études ont récemment montré que retrouver un sommeil plus physiologique, moins regarder la télévision ou limiter sa consommation d’alcool, permettaient d’atténuer la prise de poids. La composante comportementale du surpoids constitue donc un champ d’action fondamental en matière de prévention dans ce domaine.

 

Lifestyle determinants of the drive to eat: a meta-analysis.

Chapman C.D., Benedict C., Brooks S.J., Schiöth H.B.

Am J Clin Nutr, 2012, vol. 96, No. 3, pp. 492-497.



Auteur : Chapman CD

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 50 - Décembre 2012 - N50002 (Réf. 4747)