Pour mieux comprendre les bases moléculaires de la perception du goût sucré chez l’homme, la perception de 21 molécules à saveur sucrée a été étudiée chez la drosophile, dont les capacités à détecter des composés amers et sucrés semblent proches de celles de l’homme. Les molécules testées comportaient 5 sucres, 2 acides aminés et 1 sel à saveur sucrée, 2 polyols et 11 édulcorants intenses (dont 3 protéines). La réactivité des mouches a été évaluée par le test d’extension de leur trompe (appendice buccal) en réponse à une stimulation avec une solution sucrée ; leur préférence était notée en fonction de leur choix d’un gel d’agar contenant un type de molécule donné. Les mouches ont ingéré de préférence l’agar contenant des sucres, des polyols, la plupart des édulcorants intenses et les acides aminés sucrés, leur appétit semblant stimulé par ces produits sucrants. Seuls le stévioside et la glycirrhizine n’ont pas induit de stimulation, mais ont été ingérés. Au contraire, le sel à goût sucré a stimulé l’appétit, mais il n’a finalement pas été ingéré. Cela montre que des facteurs, autres que la stimulation du goût, interviennent dans les choix alimentaires de la drosophile. La drosophile répond donc à une gamme de stimuli sucrés aussi large que les humains, et même à ceux considérés comme non sucrés par les singes et les rongeurs. Il reste à comprendre les mécanismes au niveau des récepteurs du goût sucré qui permettent ce remarquable parallélisme entre mouches et humains…

Drosophila melanogaster prefers compounds perceived sweet by humans

Auteur : Gordesky-Gold B, Rivers N, Ahmed OM, Breslin PA.

Documents supports :
Chem Senses. 2008 Mar;33(3):301-9