Les recommandations prônant l’activité physique sont désormais établies dans de nombreux pays, et les bénéfices en sont bien connus. Le comportement sédentaire, longtemps envisagé comme le niveau zéro de l’activité physique, est en revanche beaucoup moins précisément appréhendé, en tout cas chez l’adulte.

Cette revue s’est attachée, au sein de 82 publications ayant rempli les critères d’inclusion, à détailler les possibles corrélats du comportement sédentaire, en les regroupant par thème d’analyse. Une littérature relativement fournie a été retrouvée sur les paramètres sociodémographiques et comportementaux alors que les paramètres sociaux, cognitifs et environnementaux ont été moins étudiés.

Ainsi, l’étude de variables sociodémographiques a montré que les sujets regardant beaucoup la télévision ont par ailleurs un niveau éducatif plus bas, sont plus âgés, sont plutôt sans travail ou travaillent peu de temps et ont un IMC (indice de masse corporelle) plus élevé que ceux qui la regardent moins. En revanche, le sexe n’est pas discriminant sur ce point. Ceux qui passent beaucoup de temps devant un ordinateur sont plus jeunes, avec un niveau scolaire supérieur que ceux qui utilisent moins intensément l’informatique, et s’il s’agit de jeux vidéo, ce sont plutôt des garçons. Les sujets ayant l’habitude de rester longtemps assis ont un corrélat négatif, celui d’avoir des enfants !

L’analyse des paramètres comportementaux n’a mis en évidence qu’une corrélation limitée entre sédentarité et apports énergétiques totaux, ce qui n’est pas totalement en accord avec l’association identifiée lors d’études chez les jeunes. A contrario, il a été trouvé une relation inverse entre temps passé devant la télévision et durée d’activité physique de loisirs, témoignant d’un probable transfert de temps de l’un sur l’autre.

En dépit du peu de publications sur ce thème, l’étude a mis en évidence que l’existence de symptômes dépressifs et une absence de satisfaction dans la vie étaient des corrélats positifs du comportement sédentaire.

Un des points-clés de cette revue est l’identification de corrélats différents, ou agissant dans un sens différent, selon le type de comportement sédentaire considéré. Les auteurs en concluent que la sédentarité n’est pas un comportement « monolithique » correspondant uniquement à une absence globale d’activité physique.

Adult sedentary behavior: a systematic review. Rhodes R.E., Mark R.S., Temmel C.P.

Am J Prev Med, 2012, vol. 42, No. 3, pp. e3-e28.


Auteur : RHODES RE

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 49 - Septembre 2012 - N49011 (Réf. 4741)