Low inbitory control and restrictive feeding practices predict weight outcomes
La capacité précoce de contrôle volontaire du comportement, notamment celle de réfréner un comportement sur demande (contrôle inhibiteur), prédit-elle des différences d’évolution pondérale et est-elle modulée par des pratiques parentales de restrictions alimentaires ?
Pour le savoir, 197 filles caucasiennes non-hispaniques vivant avec leurs parents ont été suivies aux âges de 5, 7, 9, 11, 13 et 15 ans. Le revenu familial moyen était de 35 000 à 50 000 $ lorsque les fillettes avaient 5 ans et le niveau d’études des parents était élevé, les mères ayant étudié en moyenne 14,5±2,3 ans (fourchette de 12-20 ans) et les pères 14,7±2,6 ans (12-20 ans). Les mères notaient le niveau de contrôle inhibiteur de leur fille à 7 ans à l’aide d’un questionnaire comportemental pédiatrique (Child Behavior Questionnaire), comportant des items comme « Peut facilement interrompre une activité quand on le lui demande/s’empêcher de rire quand ce n’est pas approprié », sur une échelle de 1 (totalement faux) à 7 (tout à fait le cas de votre enfant). Au même âge, les filles indiquaient à quel point elles ressentaient une restriction de la part de leurs parents sur leur alimentation (sur une échelle de 1 à 3 : faible à forte restriction) avec un questionnaire reconnu (Child Feeding Questionnaire) comportant 10 items, comme « Si tu demandes un en-cas, est-ce que maman te le donne ? ». Les indices de masse corporelle (IMC) des parents étaient calculés au début de l’étude et ceux des enfants tous les deux ans.
Environ 20 % des filles étaient en surpoids à la fin de l’étude. Le score de contrôle inhibiteur moyen était de 5,1 (2,0 – 6,8). Un contrôle inhibiteur faible (compris entre 1 et 3,5) à 7 ans (n=41) prédisait de façon significative un IMC supérieur à chaque mesure (p<0,05), et augmentant plus vite avec le temps. La probabilité d’être en surpoids à 15 ans était multipliée par 1,95 pour chaque diminution d’un point du score de contrôle inhibiteur. De plus, les filles qui percevaient le plus fort degré de restriction parentale montraient les plus fortes relations entre faible contrôle inhibiteur et surpoids. Ainsi, les filles avec contrôle inhibiteur faible et contrôle parental strict (n=21) étaient celles qui prenaient le plus de poids et avaient les plus forts IMC à 15 ans (p<0,05). Même si une étude observationnelle ne permet pas d’établir une relation de causalité, cette étude menée sur 10 ans a montré que des différences individuelles de tempérament précédaient les différences de poids et permettaient de les prédire.
Par ailleurs, la synergie néfaste observée entre les attitudes parentales et le tempérament de l’enfant pourrait s’expliquer par une interférence du comportement directif des parents sur l’apprentissage par leurs enfants de l’autorégulation. D’où les recommandations suivantes pour les parents : d’une part, entraîner leurs enfants à ressentir les signes de faim et de satiété pour réguler eux-mêmes leur prise de nourriture, et d’autre part, exercer un contrôle parental discret, via le choix des aliments disponibles à la maison, en encourageant de bonnes habitudes alimentaires.
Low inbitory control and restrictive feeding practices predicts weight outcomes. ANZMAN S., BIRCH L. J Pediatr, 2009, 106 : 1429-35

Auteur : Anzman S, Birch L

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Brèves Nutrition N° 37 - Novembre 2009 - N37001