Sauter le petit déjeuner quand on est parent pourrait être un bien mauvais exemple pour ses enfants. D’autant que ce comportement pourrait avoir des conséquences sur leur santé selon cette étude japonaise ayant suivi pendant 10 ans une cohorte de plus de 40 000 enfants et leurs parents. Les comportements parentaux en matière de consommation habituelle de petit déjeuner (oui/non) ont été documentés à l’inclusion de l’étude, c’est-à-dire aux 1,5 ans de l’enfant, puis à ses 9 ans. Côté enfant, la consommation d’un petit déjeuner était régulièrement renseignée entre 2,5 ans et 12 ans. Le statut pondéral (normal ou surpoids/obésité) était déterminé par l’indice de masse corporelle (kg/m²) selon les valeurs adaptées à l’âge et validées au niveau international (International Obesity Task Force – Cole et al., 2000)

Le petit déjeuner, un exemple parental

Sans surprise, le comportement des enfants était fortement associé à celui de leurs parents : les enfants étaient plus susceptibles de sauter le petit déjeuner lorsqu’ils n’avaient pas observé leurs parents prendre ce repas dans leur petite enfance : de 1,4 à presque 3 fois plus selon les tranches d’âge quand un des deux parents sautait le petit déjeuner, et jusqu’à 5 fois plus lorsque les deux parents le sautaient. Le risque était encore accru pour l’enfant lorsque l’absence de petit déjeuner chez les parents perdurait au fil des années. Le suivi dans le temps des sujets permettait aussi d’observer une association entre le comportement en matière de petit déjeuner dès le plus jeune âge et la survenue du surpoids au cours de l’enfance : ainsi, les enfants qui ne consommaient pas de petit déjeuner à 2,5 ans présentaient un risque de surpoids et d’obésité significativement augmenté dès 7 ans ; à partir de 3,5 ans, le fait de ne pas consommer de petit-déjeuner se traduisait par un risque accru de surpoids/obésité systématique à tous les âges ultérieurs (de 4,5 à 12 ans), et pouvait s’avérer jusqu’à plus de deux fois supérieur. Ces résultats étaient ajustés sur les facteurs de risque de surpoids connus tels que l’allaitement et le statut socio-économique des sujets.

Promouvoir le petit déjeuner pour prévenir surpoids et obésité ?

Conclusions des auteurs : en créant un environnement alimentaire plus ou moins favorable, le comportement des parents en matière de petit déjeuner participe à la genèse précoce des habitudes alimentaires de leurs enfants ; elles-mêmes étant associées à la prise de poids au cours de l’enfance. Encourager la consommation d’un petit déjeuner, à la fois chez les enfants et chez les parents, pourrait ainsi constituer un levier de prévention du surpoids et de l’obésité des enfants.

A retenir :

  • Les enfants dont les parents ne consomment pas de petit déjeuner sont plus enclins à ne pas en consommer.
  • Cette relation est plus marquée quand les deux parents ne consomment pas de petit déjeuner et quand ce modèle perdure au cours de l’enfance.
  • Le fait de ne pas consommer de petit déjeuner dès le plus jeune âge augmente le risque de survenue d’un surpoids ou d’une obésité pendant l’enfance.

Source : Association between skipping breakfast in parents and children and childhood overweight/obesity among children: a nationwide 10.5-year prospective study in Japan. Okada C, Tabuchi T, Iso H. Int J Obes (Lond). 2018 Apr 23. doi: 10.1038/s41366-018-0066-5.

Auteur : Okada C.

Documents supports :
Brèves Nutrition n°72 - Mai 2018