Une équipe de chercheurs britanniques du département de psychologie de l’université de Bristol a réalisé un travail original sur la manipulation des croyances à propos de la satiété des aliments et son intérêt dans le contrôle des portions consommées.
Deux groupes de 16 étudiants ont été invités à consommer avant le déjeuner  un smoothie aux fruits d’un apport énergétique de 250 kcal contenant une quantité identique de fruits  (135g de fraises et 150g de banane dans 165 g de jus d’orange)  Alors que le smoothie était exactement le même pour les 2 groupes, l’expérience consistait  à présenter avant l’ingestion de la boisson  les fruits mis en œuvre pour sa confection : petite quantité de fruits pour le premier groupe (134g de banane et 134 g de fraises) et plus grande quantité pour le deuxième (536 g de banane et 264 de fraises)
Après avoir exclu tous les biais possibles (participants sceptiques à propos de la quantité de fruits contenue dans le smoothie, restriction,…), les deux groupes  d’étudiants ont été invités à noter la « satiété attendue » avant la consommation, ainsi que les sensations de faim et de plénitude ressenties jusqu’à 3 heures après l’ingestion..
Les résultats ont montré que les participants auxquels il était présenté une plus grande portion de fruits ont rapporté une « satiété attendue » significativement plus importante. Après ingestion du smoothie, ils ont également déclaré avoir moins faim que les participants du second groupe alors qu’ils avaient consommé la même quantité de fruits. L’explication de ce phénomène n’est pas claire et mérite d’autres investigations. Les auteurs avancent l’hypothèse d’un système de mémorisation reliant les sensations digestives à la cognition.
 
Il est admis que l’apport énergétique et la taille des portions sont  des  critères importants du rassasiement et de la satiété.  Cette expérience montre que la perception que l’on se fait des aliments  peut aussi influencer la sensation de satiété. Avec pour conséquence, comme le suggèrent les auteurs, un possible effet contreproductif des aliments qui revendiquent trop visiblement leur « légèreté » !