Le “binge eating” (BE) touche 6% de la population américaine et est associé aux troubles alimentaires comme la boulimie ou l’obésité. Les aliments gras et sucrés sont l’objet de ces compulsions. Les auteurs s’intéressent aux modèles animaux qui permettent d’analyser ces comportements et leurs effets physiologiques.

Des rats ayant un accès intermittent au saccharose et à la nourriture (12h d’accès suivies de 12h de privation) pendant 1 mois vont développer un comportement ressemblant à du BE, marqué chez ces rongeurs par une forte consommation de saccharose pendant la 1ère heure d’accès. Ils montrent des signes neurochimiques de dépendance, avec une augmentation des récepteurs à dopamine dans le noyau accumbens, zone du cerveau impliquée dans la motivation et la récompense. La compulsion est l’un des critères utilisés pour classer une substance comme potentiellement addictive. Des signes de sevrage semblables à ceux des opiacés sont observés chez les rats après un mois de protocole, associés à une augmentation de la libération d’acétylcholine et la diminution de dopamine. L’abstinence augmente la compulsion, indiquant un effet de manque.

Les rats, soumis à cette expérience simulant le BE, régulent leurs apports énergétiques et leur poids n’est pas significativement différent de ceux nourris ad libitum. Pour étudier le lien entre obésité et BE, les chercheurs ont développé un autre modèle animal en utilisant cette fois ci le gras comme nutriment. Des rats nourris ad libitum et ayant un accès de 2h par jour à du gras vont présenter des compulsions alimentaires. Le même modèle fonctionne avec une nourriture riche en gras et en sucre, 58% de l’énergie étant consommée pendant ces 2h de BE dès la 3ème semaine. Dans ce modèle, le poids des rats fluctue : ils s’imposent une restriction alimentaire le reste du temps, provoquant une perte de poids, afin de consommer plus pendant l’expérience de BE. Lors de cette restriction ces rats prennent plus de poids que les rats contrôles nourris ad libitum avec un régime standard ou même riche en gras et en sucre.

Pour cet auteur, ce modèle se rapproche du BE chez l’homme, puisqu’il a lieu en l’absence de faim.

Animal models of sugar and fat bingeing: relationship to food addiction and increased body
weight. Avena NM, Bocarsly ME, Hoebel BG. Methods Mol Biol. 2012;829:351-65. N68002

Auteur : Avena NM

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Brève Nutrition n°68 - Juin 2017 - N68002