Afin de déterminer le rôle de la composition chimique des boissons sur la mesure du potentiel d’érosion dentaire, des échantillons d’émail bovin (5 par chaque boisson) ont été mis en contact avec 1ml de chacune des 11 boissons testées (eau, 3 sodas alcoolisés, 2 bières et 5 boissons sucrées), séquentiellement pendant 3, 6, 9, 15 puis 30 minutes (total 63 minutes). Entre chaque séquence, les échantillons d’émail étaient rincés à l’eau déminéralisée et les solutions obtenues récupérées pour mesurer la perte de calcium (Ca) et de phosphore inorganique (Pi), respectivement par spectroscopie d’absorption atomique et spectrophotométrie. La même expérience a été réalisée en plongeant 10 échantillons (5 5) par boisson dans respectivement 1 ml et 500 ml de boisson ; le volume d’émail attaqué par l’érosion a été mesuré par profilométrie optique de la surface des échantillons. Le pH des boissons variait de 2,4 (cola) à 8,1 (eau), ainsi que la concentration en Pi [d’indétectable (eau) à 5,3mmol/l (bière)] et en Ca [de 0,06 (soda orange) à 1,3 mmol/l (boisson aux fruits)]. Une bonne corrélation linéaire a été trouvée entre les mesures de Ca et de Pi (r2>0,8) pour seulement 6 des 11 boissons. En outre, les méthodes de profilométrie mesuraient moins de pertes d’émail que les méthodes chimiques, la mesure de profilométrie dans 1 ml donnant les plus faibles pertes. La composition chimique des boissons et les paramètres d’expositions tels que le volume, influencent donc significativement les méthodes de mesure du potentiel d’érosion.


Influence of beverage composition on the results of erosive potential measurement by different measurement techniques. Jager DHJ et al. Caries Res, 2008, 42, 98-104

Auteur : Jager DHJ et al.

Documents supports :
Brève Nutrition N° 33 - Août 2008 - N33014