Les baies ont fait l’objet d’investigations qui ont mis en évidence leurs propriétés bénéfiques pour la santé. Parmi elles, leur forte teneur en polyphénols a été étudiée et une action de ces fruits sur la réponse glycémique a été suggérée.

Cette expérimentation, consécutive à une étude pilote, a été conduite chez 12 volontaires sains, normopondéraux ou légèrement en surpoids. Elle a cherché à comparer le profil glycémique faisant suite à l’ingestion d’une purée de 150 g de baies (myrtilles, cassis, canneberges et fraises), sucrée par 35 g de saccharose et additionnée de 120 ml d’eau, avec celui d’une solution contrôle de 250 ml d’eau sucrée par 35 g de saccharose, 4,4 g de glucose et 4,7 g de fructose (composition glucidique similaire à la purée de baies). L’ingestion des repas tests s’est faite sur 2 séances distantes d’au moins 5 jours selon un protocole randomisé, contrôlé en simple insu et cross-over. Les investigateurs ont dosé les glycémies capillaires et veineuses, l’insulinémie et le taux de GLP-1 aux temps T : 0, 15, 30, 45, 60, 90 et 120 min.

Les profils mesurés ont mis en évidence des glycémies capillaires et veineuses et une insulinémie significativement plus faibles 15 min après l’ingestion de la purée de baies qu’après celle de la solution témoin (p = 0,021 ; p < 0,007 ; p = 0,028 respectivement). Inversement, à 90 min, les mêmes paramètres étaient significativement plus élevés après le repas de baies (p = 0,028 ; p = 0,021 ; p = 0,042, respectivement). L’impact sur la sécrétion de GLP-1 a été plus limité (p = 0,05). Enfin, les pentes de la glycémie et de l’insulinémie postprandiales, capillaires et veineuses, se sont avérées plus faibles après le repas de baies sucrées (p = 0,009 ; p = 0,011 ; p = 0,05, respectivement), et les profils glycémiques capillaires et veineux sont apparus améliorés (p < 0,001 et p = 0,003, respectivement).

Parmi les hypothèses émises, les auteurs privilégient la réduction de la digestion et/ou de l’absorption du saccharose via l’inhibition de l’α-glucosidase par les polyphénols contenus dans les baies. Secondairement (l’étude n’ayant pas directement étudié ce paramètre), une action des mécanismes pré-absorptifs entraînant une sécrétion précoce d’insuline est aussi envisagée pour expliquer des réponses glycémiques et d’insulinémie significatives dès 15 minutes après l’ingestion des baies.

Postprandial glucose, insulin and glucagon-like peptide 1 responses to sucrose ingested with berries in healthy subjects. Törrönen R., Sarkkinen E., Niskanen T., Tapola N., Kilpi K., Niskanen L.

Br J Nutr, 2012, vol. 107, No. 10, pp. 1445-1451.


 



Tags: ,

Auteur : Törrönen R

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 49 - Septembre 2012 - N49007 (Réf. 4737)