Le système gustatif est une cible importante dans la régulation de l’appétit. Plusieurs études ont montré que la perception du goût au niveau du système nerveux central était altérée chez les sujets obèses, influençant ainsi leur consommation alimentaire. L’objectif de cette étude américaine chez la souris était de tester l’influence de l’obésité sur la sensibilité des récepteurs périphériques qui sont les premiers à être sollicités dans l’ingestion alimentaire. Plusieurs saveurs ont été testées et les préférences gustatives des souris ont également été analysées.

Cinquante souris ont été soumises pendant 15 semaines à un régime normal pour la moitié d’entre elles, ou à un régime riche en lipides (60% de l’apport calorique) pour l’autre moitié afin d’induire une obésité. Les réponses à des stimuli gustatifs ont été étudiées ex-vivo sur les cellules réceptrices papillaires isolées de l’épithélium linguale des souris à l’aide de la technique d’imagerie calcique intracellulaire, le taux de calcium dans les cellules étant temporairement augmenté lorsque les cellules « reconnaissent » le goût. Les préférences gustatives des souris ont été déterminées par des tests comportementaux. Ont été testées trois saveurs sucrées (saccharine et acésulfame K pour tous les tests, et sucre seulement pour les tests comportementaux), une saveur umami (glutamate), une saveur amère (denatonium). Les résultats révèlent des changements significatifs liés à l’obésité:

-le nombre de cellules gustatives sensibles aux saveurs sucrées est plus faible chez les souris obèses alors que pour les saveurs amère et umami, le nombre de cellules sensibles n’est pas différent entre les animaux obèses et le groupe contrôle.

-les réponses calciques aux stimuli sucrés mesurées sur chaque cellule sensorielle périphérique ont une amplitude réduites chez les souris obèses. Cet effet n’est pas observé avec la saveur umami.

-Les préférences gustatives sont significativement affectées chez les souris obèses, avec une moindre préférence pour les saveurs sucrées (acésulfame K, sucre et saccharine) comparées aux souris contrôles.

Ces résultats montrent pour la première fois que les cellules réceptrices du goût de souris rendues obèses par un régime riche en lipides, ont perdu leur capacité à répondre convenablement à certains types de stimuli, particulièrement aux saveurs sucrées. Ces changements de réponses au niveau périphérique pourraient être responsables des changements observés au niveau du système nerveux central.

Diet-induced obesity reduces the responsiveness of the peripheral taste receptor cells.

Maliphol AB, Garth DJ, Medler KF.

PLoS One. 2013 Nov 13;8(11):e79403

Auteur : MALIPHOL A

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Brèves Nutrition N° 55 - Mars 2014 - N55003 (Réf 4521)