L’obésité liée à un manque de plaisir

 

Paris, 20/10/2008

Une activation faible des centres du plaisir contribue à l’obésité

 

Pourquoi devient-on obèse ? Souvent parce qu’on mange trop. Et pourquoi mange-t-on trop ? Peut-être parce qu’on éprouve moins de plaisir en mangeant, alors on mange davantage pour compenser. C’est du moins ce que suggèrent des chercheurs américains.

 

Le psychologue Eric Stice et ses collègues de l’université du Texas ont recruté 77 jeunes filles à qui ils ont donné une boisson chocolatée tout en surveillant la réaction du cerveau. Objectif : évaluer le plaisir ressenti en observant la stimulation des zones du cerveau correspondantes.

 

Un an après cette expérience les chercheurs ont revu les jeunes filles afin d’évaluer leur indice de masse corporelle. Les chercheurs se sont alors aperçus que celles qui avaient l’IMC le plus élevé était aussi celles qui avaient montré une plus faible activation des zones du plaisir après avoir consommé la boisson au chocolat.

 

Comment expliquer ce lien ? Les jeunes filles qui avaient pris le plus de poids présentaient une variation génétique responsable d’une réduction de production de dopamine, un neurotransmetteur qui intervient dans les sensations de plaisir.

 

‘Cette recherche révèle que les personnes obèses pourraient compter moins de récepteurs de dopamine dans leur cerveau les conduisant à manger plus pour compenser ce déficit de plaisir’, souligne Eric Stice.

Pour autant, l’obésité n’est pas une fatalité pour celles et ceux qui sont porteurs de cette variation génétique. ‘Bien que les personnes ayant une anomalie dans les circuits cérébraux liés au plaisir courent un risque accru de prendre du poids, une modification du mode de vie avec plus d’exercice ou des traitements avec des médicaments peuvent corriger le déficit de plaisir et traiter l’obésité’, précise l’auteur.

 

E. Stice, S. Spoor, C. Bohon D. M. Small, Relation Between Obesity and Blunted Striatal Response to Food Is Moderated by TaqIA A1 Allele

Science 17 October 2008:Vol. 322. no. 5900, pp. 449 – 452DOI: 10.1126/science.1161550