Le circuit de récompense dopaminergique stimulé par la valeur hédonique des aliments, semble aussi l’être par la valeur métabolique des nutriments ingérés, indépendamment du goût. C’est ce que démontre cette étude à l’aide de tests comportementaux, neurochimiques et électrophysiologiques chez des souris insensibles au goût sucré car déficientes pour la machinerie cellulaire de transduction de ce signal (trpm5-/-). Ces souris, comme les souris sauvages, développent une même préférence marquée pour une solution de saccharose par rapport à de l’eau (p>0,94), choisissant le saccharose dans respectivement 80   ±5 % et 81 %   ±6 % des cas (vs. 50 % : pas de préférence, respectivement p<0,0006 et p<0,02). L’ingestion de saccharose entraînait une libération de dopamine dans le striatum ventral des souris insensibles au goût sucré et des neurones de cette aire montraient une sensibilité marquée à l’apport calorique en l’absence de stimulation gustative. La charge calorique pourrait-elle alors affecter le comportement alimentaire indépendamment du goût des aliments, comme le suggèrent les auteurs ? D’autres études sont nécessaires pour répondre, remarquent les éditorialistes, car le comportement de la souris sauvage n’indique pas que le stimulus calorique renforce le signal gustatif. Ces résultats soulèvent d’autres questions : par quels mécanismes la charge calorique est-elle perçue au niveau gastro-intestinal ? D’autres sucres ou des lipides produisent-ils des effets similaires ? Le fructose notamment produirait-il une activation plus forte des circuits cérébraux de la récompense, responsables de la surconsommation des produits en contenant ? Un nouveau pan de recherche s’ouvre dans la compréhension des facteurs pouvant conduire au surpoids.


L’ingestion de sucre active des circuits cérébraux de récompense indépendamment de la perception du goût sucré. ANDREWS Z.B. et al., Neuron, 2009, 57 : 806-808

Auteur : Andrews ZB et al

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 36 - Juillet 2009 - N36004