On a récemment montré que l’horaire des repas était associé aux variations du poids, la sensibilité à l’insuline et la tolérance au glucose sans qu’on en connaisse le mécanisme. Cette étude réalisée aux Etats Unis a eu pour objectifs d’étudier l’influence de l’horaire plus ou moins tardif du repas sur la dépense énergétique de repos, la thermogénèse induite par l’alimentation, l’oxydation des substrats, la tolérance au glucose, la différence de cortisol matin/soir et le profil quotidien de la température du poignet. Des femmes de corpulence normale ont participé à deux études randomisées en cross over : l’une a étudié la dépense énergétique de repos par calorimétrie indirecte et la tolérance au glucose, l’autre a mesuré les variations circadiennes du taux de cortisol salivaire et la température du poignet. Des repas standardisés correspondant à un apport énergétique journalier de 1868 kcal avec 50% de l’énergie sous forme de glucides, 35% sous forme de matières grasses et 15% sous forme de protéines ont été fournis pendant les deux semaines d’intervention avec le déjeuner soit à 13h00 soit à 16h30 (déjeuner tardif).

On a observé une dépense énergétique de repos et un quotient respiratoire après correction pour le métabolisme protéique, avant repas, significativement réduits pour le déjeuner à 16h30 par rapport à celui de 13h00, sans différence statistiquement significative de la dépense énergétique post-prandiale. Ces changements reflètent une utilisation pré-prandiale plus réduite des glucides pour le déjeuner à 16h30 par rapport au déjeuner de 13h00. L’aire sous la courbe de la glycémie postprandiale a aussi significativement augmenté de 46% dans le cas du déjeuner à 16h30 par rapport au déjeuner à 13h00, montrant une diminution significative de la tolérance au glucose. Un aplatissement du profil journalier de cortisol a été également noté dans le cas du déjeuner à 16h30 par rapport au déjeuner à 13h00 avec des valeurs de la matinée et de l’après-midi plus faibles alors que les valeurs nocturnes sont semblables. Le profil moyen journalier sur 7 jours de la température du poignet a montré une atténuation du pic post-prandial de température avec le déjeuner à 16h30 par rapport au déjeuner à 13h00.

Les résultats de cette étude d’intervention montrent que de retarder de 3 heures et demie l’heure du déjeuner pendant une semaine a induit des modifications métaboliques. Manger tardivement de façon chronique pourrait créer des troubles métaboliques de plus large amplitude et être impliqué dans les modifications métaboliques qui caractérisent les mangeurs tardifs.

 

Meal timing affects glucose tolerance, substrate oxidation and circadian-related variables: A randomized, crossover trial.

Bandín C, Scheer FA, Luque AJ, Avila-Gandía V, Zamora S, Madrid JA, Gómez-Abellán P, Garaulet M.

Int J Obes (Lond). 2014 Oct 14.

Auteur : BANDIN C

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 59 - Mars 2015 - 59014 (Réf 4591)